19 mai 2022
Québec et Saint-Hyacinthe financeront la réfection de l’aéroport
Par: Sarah-Eve Charland
Le président de la corporation de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, François Marquis, la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, et le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le président de la corporation de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, François Marquis, la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, et le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le pari qu’a pris un regroupement d’hommes d’affaires en transformant l’aéroport de Saint-Hyacinthe en corporation à but non lucratif s’est avéré gagnant. L’OBNL a pu mettre la main sur une subvention de 3,6 M$ du gouvernement du Québec pour effectuer la réfection des installations, ce qui représente la moitié du coût total estimé à 7,4 M$. La différence sera toutefois assumée par la Ville de Saint-Hyacinthe.

La députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, en a fait l’annonce cette semaine. Ce montant provient du Programme d’aide québécois pour les infrastructures aéroportuaires régionales (PAQIAR). La formation de la corporation de l’aéroport de Saint-Hyacinthe s’est concrétisée juste à temps, alors que le programme a pris fin le 31 mars 2022.

« Je suis fière d’annoncer un montant à la hauteur des efforts qui ont été déployés par l’aérodrome de Saint-Hyacinthe pour obtenir cette aide financière. Des projets comme celui-ci permettent à la ville de Saint-Hyacinthe de se démarquer sur le plan économique. La modernisation de la piste désuète depuis de nombreuses années permettra à l’organisme de développer de nouvelles occasions d’affaires », affirme Mme Soucy.

La somme de 3 675 496 $ servira à assurer la réfection et l’élargissement de la piste, la réhabilitation du tablier et des voies de circulation ainsi que le balisage lumineux. Ce montant représente la moitié de l’estimation englobant l’ensemble des améliorations, soit de 7 351 000 $.

Pour sécuriser ce montant, la Ville a dû s’engager à assumer la deuxième part du gâteau. La corporation prendra un emprunt à long terme pour financer cette partie, mais c’est la Ville qui veillera au remboursement du prêt au fil des années. Selon le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, l’aéroport n’aurait pas pu mettre la main sur la subvention provinciale sans cet engagement de la Ville.

« C’est un dossier qui nous anime depuis longtemps au conseil municipal. Nous sommes convaincus que nous avons trouvé la meilleure formule pour assurer la modernisation et la pérennité de l’aéroport. […] On pense que c’est le meilleur modèle de fonctionner avec un organisme à but non lucratif. Il a l’expertise. Si on avait acheté l’aéroport à l’époque, ça nous prendrait une ressource qui gérerait ça. Ça nous coûterait plus cher que ce que ça nous coûte en ce moment », assure M. Beauregard.

Rappelons que la Ville de Saint- Hyacinthe avait renoncé à la municipalisation de l’aéroport en septembre 2021. À ce jour, la Ville a toujours refusé de fournir les rapports rédigés dans le cadre des vérifications diligentes effectuées l’automne dernier avant de prendre cette décision. Les nouveaux acquéreurs, composés d’entrepreneurs, d’ingénieurs et d’un spécialiste de l’aviation, ont pris la décision de former une corporation à but non lucratif pour assurer la survie et la mise à niveau de l’aéroport.

Un aéroport public

Le président de l’OBNL, François Marquis, ajoute que la nouvelle organisation a redéfini l’aéroport. Ce dernier ne serait plus privé, mais bien public. Cela signifie que les aviateurs n’auront plus besoin d’une entente avec l’aéroport pour y atterrir. Tous pourront librement atterrir sur le site. Pour devenir public, l’aéroport doit se conformer aux normes de Transports Canada ainsi qu’à celles provinciales et municipales.

« Ça change un peu la donne des opérations. L’idée est d’accueillir davantage de mouvements reliés aux affaires, comme le taxi aérien, mais aussi de pourvoir à des activités d’entraînement et de maintien de compétence, sans oublier les activités humanitaires », explique M. Marquis.

La corporation devra maintenant obtenir des autorisations gouvernementales, dont une du ministère de l’Environnement, avant de lancer les travaux d’ingénierie. Le président prévoit donc de lancer les appels d’offres vers la fin de l’automne afin de pouvoir commencer les travaux de réfection l’année prochaine.

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