10 novembre 2022
Un an après les élections municipales à Saint-Hyacinthe
Quelques constats
Par: Martin Bourassa
Martin Bourrassa

Martin Bourrassa

Tous les conseils municipaux élus le 7 novembre 2021 au Québec ont maintenant un an dans le corps. C’est le cas pour celui dirigé par le maire André Beauregard à la Ville de Saint-Hyacinthe. Ça tombe bien, c’est lui qui nous intéresse et qui fera l’objet de ce papier. Que pouvons-nous en dire ou que faut-il en retenir un an plus tard?

On s’en doutait et on peut maintenant le confirmer, la première année du conseil Beauregard s’est déroulée sous le signe de la continuité. Il n’y a pas eu de cassure radicale ou de changement de cap par rapport aux huit années précédentes, passées sous la gouverne du maire Claude Corbeil. On reconnaît encore notre ville dans la suite logique des orientations et des décisions qui ont été prises.

C’est davantage dans la livraison du message que dans le message lui-même qu’il y a eu un changement de ton manifeste. Même s’il affiche encore de la nervosité ou un certain inconfort lors des périodes de questions du public en séance publique, André Beauregard donne l’impression d’aimer son travail et d’avoir du plaisir à le faire, contrairement à son prédécesseur sur la fin de son deuxième mandat.

Le maire Beauregard se félicite d’une gestion plus ouverte et plus participative, lui qui dit vouloir partager les projecteurs avec les conseillers. Sauf que dans les faits, ce sont pas mal toujours les mêmes conseillers aguerris qui prennent le devant de la scène. Pensons aux Bernard Barré, David Bousquet, Donald Côté, Pierre Thériault ou encore Jeannot Caron. Et comme la grande majorité des décisions et des débats se déroule à huis clos lors des séances plénières, les conseillers et conseillères recrues peinent à se démarquer un an plus tard. Même si je suis le jeu politique de très près, j’ai encore bien du mal à reconnaître les Mélanie Bédard, David-Olivier Huard et André Arpin en dehors de l’arène politique. Ils sont bien verts et silencieux, il me semble.

On a beau prétendre que tous les conseillers brillent lors des plénières, ce n’est pas l’endroit le plus indiqué qui soit pour obtenir de la visibilité et de la crédibilité.

Parlant de visibilité et de crédibilité, on savait que le parti municipal Saint- Hyacinthe unie ne l’aurait pas facile après l’échec connu par cette formation politique de la cheffe Marijo Demers en novembre 2021. Faute de candidat élu, ce parti n’a d’autre choix que de se montrer proactif lors des périodes de questions réservées au public lors des séances publiques, d’écrire des lettres ouvertes ou d’acheter de la publicité pour faire entendre et défendre ses idées. Quatre ans dans l’ombre, ça peut être long longtemps.

Faute d’avoir mérité un meilleur sort, ce parti est contraint de jouer au groupe de pression et il le fait pertinemment bien jusqu’ici, n’hésitant pas à saluer les bons coups des élus actuels ou à gratter des bobos au besoin. C’est constructif jusqu’ici.

La seconde année du mandat qui s’amorce nous réserve-t-elle des surprises? On devrait en savoir un peu plus au cours des prochaines semaines avec la présentation du budget, qui sera véritablement le premier de l’ère Beauregard.

Est-ce que l’austérité sera (enfin?) le mot d’ordre? Il est permis de le croire.

La prochaine année marquera aussi le début de l’ère Frigon à la Ville de Saint- Hyacinthe puisque la directrice générale adjointe deviendra calife à la place du calife en succédant à Louis Bilodeau. La nomination de Chantal Frigon annonce encore là une volonté de poursuivre dans la continuité plutôt qu’une envie de sortir des sentiers battus. On verra rapidement à l’usage si cette impression se confirme et si la chimie opérera entre le maire Beauregard et la nouvelle directrice générale.

À cet effet, André Beauregard et Louis Bilodeau n’ont jamais donné l’impression de s’entendre comme larronsen foire, contrairement à la dynamique qui existait entre messieurs Corbeil et Bilodeau. Un maire qui donne moins de place ou d’importance à la direction générale comme semble vouloir le faire M. Beauregard, ce n’est pas forcément mauvais.

Je dirais même que c’est peut-être souhaitable dans la mesure où le maire est imputable tous les quatre ans de ses actions certes, et également des grandes décisions et orientations prises par le consel. Il n’en reste plus que trois avant le prochain grand test.

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