13 octobre 2022
Promenade Gérard-Côté
Rien n’a changé
Par: Martin Bourassa
Martin Bourrassa

Martin Bourrassa

N’importe quoi. Ce grand succès du chanteur Éric Lapointe convient parfaitement pour décrire ce que les élus nous ont raconté depuis des mois au sujet de la promenade Gérard-Côté. Ils nous ont chanté en chœur du grand n’importe quoi.

C’est ce qui se dégage de la plus récente mise à jour du concept architectural qui fait couler beaucoup d’encre depuis que les premiers balbutiements de ce vaste projet de réfection estimé à 33 M$ ont été communiqués en novembre 2018.

En rendant publics les détails de l’approche conceptuelle du secteur « arts et culture » ainsi qu’une présentation de l’architecte Réal Lestage, on comprend que le régime minceur évoqué il n’y a pas si longtemps par le maire André Beauregard et le conseiller Bernard Barré pour aménager une infrastructure qui respecte la capacité de payer des Maskoutains et qui n’aura que peu d’incidence sur la dette à l’ensemble n’aura pas lieu.

Rien dans cette mise à jour ne suggère une facture réduite. L’aménagement de la place des spectacles à lui seul est maintenant estimé à 6,1 M$ plutôt que les 2,5 à 3,5 M$ évoqués par l’ex-maire Claude Corbeil lors du dévoilement du concept il y a quatre ans. Imaginez un peu, l’estimation a doublé et l’appel d’offres n’a même pas encore été lancé. Il le sera en début d’année 2023. Les premières soumissions sont attendues au printemps. Le ton sera donné. Dans sa toute dernière présentation, la Ville se garde bien de réviser le cadre financier à la hausse ou à la baisse. Elle se limite seulement à chiffrer le coût estimé de la future place des spectacles ainsi que du secteur « arts et culture » autour de la nouvelle bibliothèque qui nécessite un investissement estimé de 4,6 M$. On parle donc d’un budget minimal de 10,7 M$ pour une section de moins d’un kilomètre sur les 2,4 km que compte l’ensemble de la promenade.

Considérant l’envergure de ce qui reste à faire, dont l’aménagement du secteur des belvédères avec passerelle aérienne, on risque de pulvériser le budget initial, même si la directrice des communications de la Ville annonce que la cible de 33 M$ tient toujours. Force est donc de constater que les concepteurs n’ont jamais été invités à retourner à leur planche à dessin et à rêver d’une promenade plus économique pour les contribuables maskoutains. En tout cas, rien dans le concept présenté ne suggère un quelconque changement de direction avec ce qu’ils ont présenté à l’origine.

La fameuse bretelle d’accès qui passe sous le pont Barsalou pour permettre aux automobilistes de contourner le centre-ville disparaît, et ce, malgré les lamentations du conseiller du district La Providence, Bernard Barré. Il a promis dans nos pages qu’il irait lui-même empêcher les ouvriers de procéder à son démantèlement. Hâte de le voir se coucher devant le bulldozer.

Oubliez aussi l’idée avancée l’été dernier par le jovialiste conseiller du district Yamaska, Pierre Thériault, de prolonger la rue des Cascades en ligne droite pour permettre aux voitures d’accéder et de quitter le stationnement de la nouvelle bibliothèque par cette artère. La suggestion n’a pas semblé trouver un écho favorable auprès des architectes. Le problème d’accessibilité à la bibliothèque, qui n’aura qu’une seule entrée et sortie en plein cœur de la côte de l’avenue Bourdages, reste donc visiblement entier, sans solution réaliste à l’horizon.

Mais ce qui n’a vraiment pas changé dans le discours municipal, c’est la volonté d’aller chercher un maximum d’aide financière des gouvernements supérieurs. Je vais faire œuvre utile et rappeler encore une fois aux élus maskoutains qu’ils peuvent remercier le ciel et la députée Chantal Soucy d’avoir réussi à soutirer une aide financière de 5 M$ par décret gouvernemental au gouvernement du Québec. Il n’y a plus rien à espérer de ce côté.

Reste donc Ottawa qui n’a aucune raison de faire pleuvoir les millions sur la tête des Maskoutains afin de réaménager une promenade qu’ils n’ont pas su entretenir. Tout compte fait, on aura un coup de pouce de 5 M$ pour éponger une facture qui risque fort de continuer de gonfler d’ici la réalisation du projet dans son entièreté un moment donné. Moment qui sera assurément lointain au rythme où vont les choses.

C’est vraiment n’importe quoi.

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