24 mars 2022
Pour en faire un stationnement
Saint-Hyacinthe achète le terrain loué à Hippi Poutine
Par: Sarah-Eve Charland
Antoine Besson, propriétaire du restaurant Hippi Poutine, n’avait pas eu vent des négociations entre le propriétaire du terrain et la Ville de Saint-Hyacinthe, laquelle l’a acquis pour y aménager 17 cases de stationnement. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Antoine Besson, propriétaire du restaurant Hippi Poutine, n’avait pas eu vent des négociations entre le propriétaire du terrain et la Ville de Saint-Hyacinthe, laquelle l’a acquis pour y aménager 17 cases de stationnement. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Saint-Hyacinthe a mis la main sur le terrain où se trouve le restaurant Hippi Poutine, au coin de la rue des Cascades et de l’avenue Bourdages Nord, afin d’y aménager des cases de stationnement destinées à la clientèle de la nouvelle bibliothèque T.-A.-St-Germain, présentement en construction. Toutefois, le propriétaire de Hippi Poutine est surpris par la nouvelle puisqu’il n’a pas été mis au fait des négociations.

À la séance du conseil municipal du 21 mars, les élus de la Ville de Saint- Hyacinthe ont officialisé l’acte de vente. La Ville a acheté le terrain pour 315 000 $, avant les taxes. La superficie s’étend sur 876,4 mètres carrés et représente une valeur de 245 800 $ selon le rôle d’évaluation.

Selon le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, cela faisait un « petit bout » que la Ville lorgnait le lopin de terre qui permettra d’offrir 17 cases de stationnement supplémentaires.

La transaction s’est conclue entre la Ville et le propriétaire du terrain, José Domingo Tobar. Le propriétaire de Hippi Poutine, Antoine Besson avait signé un bail avec M. Domingo Tobar pour lequel il reste une vingtaine de mois. La Ville assure qu’elle respectera le contrat et n’aménagera le stationnement qu’à la fin du bail. Quant à la nouvelle bibliothèque, l’immeuble devrait être inauguré à l’automne.

Hippi Poutine sur du temps emprunté

Du côté de la Ville, on se réjouissait de la nouvelle. Du côté d’Antoine Besson, celui-ci était sous le choc au lendemain de la séance du conseil. C’est de la bouche du COURRIER qu’il a appris la mauvaise nouvelle. « Personne ne m’a mis au courant. Cela s’est fait en catimini, de façon cavalière », s’est exclamé M. Besson.

Il a ouvert son commerce en août 2019. Il comptait alors sur l’été suivant pour mousser ses activités. Il s’est toutefois buté à la pandémie et aux mesures sanitaires. Pendant deux ans, il a effectué quelques travaux dans le bâtiment et a maintenu son commerce en vie en misant sur une relance à l’été 2022.

« Ça fait deux ans que je paie mon loyer pour rien. Avoir su, je n’aurais pas investi autant. Faire un parking à la place d’un restaurant, ce n’est pas une bonne idée. Il faut qu’ils aient vachement confiance en leur médiathèque », déplore M. Besson.

Ce dernier a ouvert plusieurs restaurants dans sa carrière, dont deux à Montréal. Par expérience, il sait que construire une clientèle pour un commerce prend du temps. En y ajoutant la pandémie, les deux prochaines années ne seront pas suffisantes pour se faire connaître, craint-il. Étant donné qu’il a appris la nouvelle sur le vif, il n’avait pas encore eu le temps de réfléchir à la suite.

« Je crois que je vais aller voir la Ville et lui demander de me relocaliser. Il va falloir que je m’assoie et que je réfléchisse à ça. Ça va être compliqué. Le centre-ville manque de dynamisme. Peut-il se passer d’un restaurant? »

image