« On veut être capable de fournir de nouveaux développements », explique le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard.
Une entente avait été signée en 2014 permettant à Sainte-Marie-Madeleine d’utiliser le réseau sanitaire à la hauteur de 0,23 % de la capacité totale de l’usine d’épuration de Saint-Hyacinthe. À l’heure actuelle, cela représente 46 résidences et 12 locaux commerciaux sur les rues Palardy et Berger et une partie du boulevard Laurier.
L’entente a été signée en 2014, mais ce n’est qu’en 2021 que les branchements ont été effectués sur le territoire de Sainte-Marie-Madeleine. Les travaux représentaient une dépense de 1 310 135 $, qui a été épongée en partie par une subvention de 730 058 $ du Programme de la taxe sur l’essence et de la contribution du Québec (TECQ). Le reste de la facture a donc été acquittée par un règlement d’emprunt remboursable par les propriétaires branchés sur une période de 25 ans. Chaque propriété maintenant desservie est donc taxée annuellement pour le règlement d’emprunt et pour les frais d’immobilisations et d’exploitation du réseau d’égout.
Au moment de la signature de l’entente, la Municipalité a versé une somme de 19 400 $ à la Ville de Saint-Hyacinthe pour, entre autres, contribuer aux dépenses d’immobilisations et aux travaux d’agrandissement de la station de pompage Laurier, peut-on lire dans l’entente. Ce document prévoyait aussi la possibilité d’augmenter la proportion à 0,44 %.
Selon la mairesse Ginette Gauvin, la Municipalité aurait d’ailleurs aimé brancher d’autres rues, où on retrouve des installations septiques en fin de vie, pour un total de 179 résidences et 21 locaux commerciaux.
Mais les propriétaires bénéficiant du réseau d’égout ne pourront pas profiter longuement du service puisque la Ville de Saint-Hyacinthe a annoncé la résiliation de l’entente à la séance du conseil du 17 mars. Selon la résolution, l’entente actuelle limiterait la réalisation de nouveaux projets immobiliers sur le territoire de la ville.
Rappelons que l’usine est actuellement utilisée à pleine capacité, ce qui provoque, entre autres, l’émission de sulfure d’hydrogène (H2S). Un règlement de contrôle intérimaire est d’ailleurs en vigueur à Saint-Hyacinthe pour limiter l’impact de nouveaux projets immobiliers sur le réseau d’égout. La Ville planche présentement sur un projet de mises aux normes et d’agrandissement de l’infrastructure, dont les dernières estimations dévoilées atteignaient 110 M$. Ce chiffre devrait cependant être revu à la hausse lors d’une prochaine mise à jour.
Course contre la montre
Sainte-Marie-Madeleine a donc jusqu’en 2034 pour trouver une solution. En attendant la résiliation de l’entente, la Municipalité devra contribuer à tous travaux réalisés à l’usine d’épuration, incluant des travaux de mises aux normes et d’agrandissement même si elle n’en bénéficiera pas à long terme.
« On va se revirer de bord rapidement. On n’attendra pas 2034. On s’y attendait. On va retrousser nos manches et on va faire appel à des professionnels pour trouver des solutions », affirme la mairesse de Sainte-Marie-Madeleine.
Mais les solutions sont limitées. La Municipalité ne souhaite pas demander à ses citoyens d’installer des fosses septiques. « On leur avait promis qu’il n’y aurait plus de fosses septiques. On ne veut pas les décevoir. La solution sera peut-être la construction d’une petite usine d’épuration. On y avait déjà pensé », poursuit Mme Gauvin.
Sainte-Marie-Madeleine tiendra une rencontre le 12 mai à 18 h 30 à la salle municipale pour discuter du dossier avec ses citoyens.