17 mars 2022
Agrandissement
Sanimax dépose sa demande de permis
Par: Sarah-Eve Charland
Sanimax mise sur son agrandissement pour éliminer les mauvaises odeurs. Photothèque | Le Courrier ©

Sanimax mise sur son agrandissement pour éliminer les mauvaises odeurs. Photothèque | Le Courrier ©

L’entreprise Sanimax a déposé sa demande de permis pour réaliser son agrandissement visant à réduire les odeurs. Selon le chef de secteur et responsable des opérations de l’usine de Saint-Hyacinthe, Marc Morin, cet investissement de 1,5 M$ répondra aux prières du voisinage.

Le problème se situe principalement au niveau de l’espace, dit-il. Les installations existantes ne permettent pas d’accueillir tous les types de camions, obligeant parfois les travailleurs à transborder la marchandise à portes ouvertes.

« Quand on reçoit la marchandise, elle est déjà en décomposition. On n’a pas besoin de garder la marchandise pendant des jours pour que ça devienne nuisible. En période de canicule, quelques heures suffisent pour que ça devienne un problème. C’est une question d’être le plus rapide possible à décharger la matière, la recharger et la sortir de Sainte-Rosalie », reconnaît-il.

Pour ce qui est des camions qui demeurent en attente dans le stationnement, il assure qu’ils sont réfrigérés. La matière y est congelée. M. Morin assure que le problème ne se situe pas à ce niveau. « Si des camions restaient longtemps sur le site, il faudrait qu’il y ait un enjeu majeur parce que ça n’arrive pas. […] Tous les camions basés à Sainte-Rosalie retournent sur la route le lendemain. On n’a pas le choix de vider les camions de façon quotidienne. S’il y a des bris, il faut trouver une façon de bouger la matière. On va l’envoyer directement à une autre usine [soit à Lévis ou à Rivière-des-Prairies] au lieu de transborder à Sainte-Rosalie. Il y a toute sorte d’avenues envisagées », précise-t-il.

Les travaux seront assumés entièrement par l’entreprise, sans subvention. L’agrandissement consistera à allonger de 25 pieds deux départements, soit celui concernant le transbordement de matière bovine et le département du porc et des volailles. Le transbordement pourra donc s’effectuer à l’intérieur sans avoir à ouvrir de portes. Des améliorations seront ajoutées afin de faciliter le nettoyage de l’équipement et ainsi éviter les odeurs.

« Ça va faciliter les opérations et les accélérer. Il y aura moins de camions en attente. On va avoir moins d’enjeux, tout en éliminant l’empreinte laissée sur le voisinage », mentionne le responsable des opérations à Saint-Hyacinthe.

La Ville de Saint-Hyacinthe confirme que la demande est présentement à l’étude par son Service de l’urbanisme et de l’environnement.

Contrairement à ce qu’elle avait annoncé au départ, Sanimax n’aura pas à déposer une demande auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Selon l’entreprise, une analyse détaillée des dispositions légales a mené à cette conclusion.

L’année dernière, Saint-Hyacinthe avait retiré les deux constats d’infraction de 1000 $ donnés un an plus tôt à Sanimax. Ces deux constats ont été contestés par l’entreprise. À la suite de plusieurs rencontres avec les dirigeants de l’entreprise, la Ville a estimé que Sanimax montrait une volonté de poser des gestes afin de mieux gérer les odeurs, notamment par son projet d’agrandissement.

« Rappelons que la contestation constitue un droit pour tout citoyen ou entreprise. Depuis le début, Sanimax et la Ville de Saint-Hyacinthe ont clairement montré leur volonté respective de collaboration, ce qui a permis d’établir des échanges francs et productifs. L’avancement du projet d’agrandissement est un exemple probant des résultats d’une telle collaboration, contrairement à des amendes et à des démarches légales », a fait part l’entreprise.

Notamment, à la suite des discussions avec la Ville, les routes de récupération d’animaux morts les fins de semaine ont cessé. Si l’entreprise a à le faire, elle transfère la marchandise à l’une des deux autres usines afin de respecter l’entente. Elle a aussi développé un plan de rigueur qui comprend l’installation, au printemps, d’une bande boisée visant à jouer le rôle de barrière olfactive.

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