21 juillet 2022
Services de garde : un frein à l’intégration
Par: Le Courrier
Il y a des jours où je ne suis pas très fier du gouvernement Legault. Depuis plusieurs années, Saint-Hyacinthe est une terre d’accueil pour l’immigration. Nous recevons des gens de partout : latinos, africains, maghrébins, asiatiques, européens. Ils sont réfugiés, demandeurs d’asile, immigrants économiques ou autres et ils veulent refaire leur vie ici. Plusieurs ont quitté un pays où ils étaient en danger.

Et ça tombe bien : la plupart des employeurs de la région sont en recherche intensive de main-d’œuvre et ils sont prêts à les accueillir. Même le gouvernement québécois en a bien besoin, surtout dans le domaine de la santé.

Souvent, on pense à tort que les immigrants ont accès à tous les services publics en arrivant au pays : aide sociale, services de santé, éducation et services de garde. Or, c’est loin d’être le cas. Prenez les demandeurs d’asile. Certes, ils ont accès à l’aide sociale, mais les familles n’ont pas droit aux allocations familiales ni aux services de garde subventionnés.

S’ils avaient accès à ces services, les parents pourraient aller travailler, car c’est leur souhait le plus cher. Mais on comprend rapidement qu’à 50 $ par jour et par enfant, ils ne peuvent tout simplement pas le faire. C’est un frein à leur intégration.

En mai dernier, le juge Marc St-Pierre de la Cour supérieure du Québec ordonnait que cette règle au sujet des demandeurs d’asile était discriminatoire et allait à l’encontre de la Charte canadienne des droits et des libertés et de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Le jugement avait pour effet d’annuler le règlement. Or, il y a quelques semaines, Radio-Canada révélait que le gouvernement Legault envisageait d’en appeler, mettant fin aux espoirs des demandeurs d’asile d’envoyer leurs enfants à un service de garde subventionné qui leur permettrait de travailler.

Nous avons dans la région maskoutaine des entreprises qui recherchent désespérément des travailleurs. Et de l’autre côté, des demandeurs d’asile qui ne demandent pas mieux que de gagner leur vie dans leur terre d’accueil et de s’y intégrer. Au lieu de cela, plusieurs familles sont confinées à l’indigence, faute de revenus suffisants pour satisfaire leurs besoins de base.

Disons que, pour un gouvernement qui se dit « économique », il n’y a pas de quoi être fier.

Roger Lafrance, Saint-Hyacinthe

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