31 mars 2022
S’habiller comme neuf avec du vieux
Par: Sarah Villemaire
Lyne St-Jean est propriétaire de la boutique Lyly Fripes, à Saint-Liboire, depuis 2016. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Lyne St-Jean est propriétaire de la boutique Lyly Fripes, à Saint-Liboire, depuis 2016. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Andréanne Michaud, de la boutique Ann + Sofia à Saint-Hyacinthe, a agrandi sa boutique pour y intégrer une friperie chic. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Andréanne Michaud, de la boutique Ann + Sofia à Saint-Hyacinthe, a agrandi sa boutique pour y intégrer une friperie chic. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Que ce soit pour des raisons éthiques, environnementales ou économiques, l’achat d’articles de type seconde main a connu une croissance impressionnante au fil des dernières années. Cette tendance à la hausse se remarque dans certaines friperies du coin qui habillent désormais les adeptes de mode nouveau genre.

La rue des Cascades multiplie ses offres en matière de friperies où quelques boutiques proposent une nouvelle avenue à leur clientèle. C’est le cas entre autres de la boutique de vêtements pour femmes Ann + Sofia qui a agrandi, l’an dernier, la superficie de son local pour accueillir une nouvelle section de vêtements d’occasion.

Propriétaire de la boutique depuis mars 2020, Andréanne Michaud a tenu rapidement à bonifier son offre en combinant ses lignes de vêtements neufs à celles en liquidation et de seconde main.

« La demande pour les articles usagés est bien réelle. La réponse a été très positive lorsque j’ai ouvert une section de la boutique réservée à ce genre d’articles. Je pense que c’est une offre qui manquait à Saint-Hyacinthe », explique l’entrepreneure.

Passionnée des réseaux sociaux, Mme Michaud affiche ses récentes trouvailles par le biais de vidéos interactives diffusées sur différentes plateformes. Une approche permettant d’attirer une plus grande clientèle.

« Mes vidéos ont un impact direct sur l’achalandage en boutique. Comme les clientes peuvent voir les dernières trouvailles que j’ai reçues en boutique, elles ne perdent pas trop de temps pour venir se procurer l’article en question. Je crois que je n’aurais pu passer à travers les deux dernières années si je ne m’étais pas investie dans cette direction », renchérit-elle.

À quelques pas de là se trouve la boutique Ûzage, reconnue pour ses pratiques écoresponsables. Un pan de mur du magasin est d’ailleurs occupé par une sélection de vêtements usagés pour les enfants de zéro à dix ans et de maternité. En activité depuis 2012, le coin prêt-à- porter renouvelle constamment son offre par de nouveaux arrivages tout en proposant une belle sélection pour le printemps et l’été.

« Il y a des arrivages tous les jours, donc les gens ont avantage à venir nous voir régulièrement pour voir ce qu’il y a sur les rayons », souligne Kizis Plamondon, propriétaire de la boutique Ûzage.

Non loin de Saint-Hyacinthe, on trouve le magasin Lyly Fripes à Saint-Liboire. Cet ancien magasin général a été converti en coquette friperie offrant une vaste sélection de vêtements et d’accessoires pour toute la famille. Passionnée, la propriétaire de ce commerce, Lyne St-Jean, tente d’aider son prochain en affichant ses articles à prix modeste.

« Dans ma boutique, il n’y a rien qui se vend plus de 10 $. Il m’arrive même d’arrondir les factures pour accommoder les clients. Je trouve ça gratifiant de pouvoir habiller des gens à si bas prix », mentionne Mme St-Jean.

Gérer à sa façon

Nul doute, les trois boutiques ont en commun le souci du détail quant à la sélection de leurs articles. Bien que les arrivages soient nombreux, chaque équipe prend le temps de vérifier et de choisir les vêtements en bon état qui feront leur entrée en magasin. Pour sa sélection, la boutique Ann + Sofia fait le tri parmi les vêtements reçus des clientes qui recevront en échange un chèque-cadeau à dépenser dans la section boutique du magasin.

« Je reçois des articles de qualité sur lesquels il y a parfois encore l’étiquette. Les clientes sont habituées à mon fonctionnement et aiment bien ce principe d’échange », affirme Andréanne Michaud.

De son côté, la boutique Ûzage adhère, depuis quelques années, au système de consignation pour accentuer l’économie locale et circulaire. « Les clients qui viennent nous porter des vêtements obtiennent 50 % de la vente en crédit pour faire leurs achats en magasin. C’est beaucoup de gestion, mais le travail en vaut la peine pour tous », soutient Kizis Plamondon.

Contrairement aux deux autres boutiques, la propriétaire de Lyly Fripes ne reçoit que des dons pour remplir ses étalages. « Saint-Liboire est un village très généreux. Le conteneur à linge situé sur le coin de la rue est souvent plein. J’ai l’impression que les gens sont très sensibilisés écologiquement et ça me fait plaisir de pouvoir redonner à ceux qui en ont besoin », conclut Lyne St-Jean.

image