10 novembre 2022
Rôtisserie St-Hubert de Saint-Hyacinthe
Steve Deslauriers : le serveur devenu propriétaire unique
Par: Adaée Beaulieu
Steve Deslauriers est désormais l’unique propriétaire de la Rôtisserie St-Hubert de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Steve Deslauriers est désormais l’unique propriétaire de la Rôtisserie St-Hubert de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Steve Deslauriers, qui était encore jusqu’à tout récemment copropriétaire de la Rôtisserie St-Hubert de Saint-Hyacinthe, est maintenant fin seul aux commandes de son restaurant. C’est un parcours marqué par la résilience qui aura permis à l’homme de 42 ans ayant grandi dans une famille modeste du centre-ville de gravir les échelons.

Celui qui a commencé à travailler comme serveur au restaurant un peu avant ses 20 ans en 2000 était déjà chef d’équipe l’année suivante et rêvait d’acheter la franchise. Déjà, enfant, il se voyait entrepreneur, et la passion pour la restauration s’est greffée à ce rêve.

« Rapidement, j’ai eu la piqûre de la restauration. J’ai un intérêt pour tout ce qui bouge, qui est dynamique et je suis dans mon élément », déclare-t-il.

M. Deslauriers a d’ailleurs essayé à deux reprises de changer de carrière et il est toujours revenu à son premier amour pour la restauration. C’est alors qu’il a décidé de progresser dans l’entreprise en devenant cadre. Après avoir été chef d’équipe pendant quelques années, il a été promu directeur général en 2008.

Après avoir signalé à l’ancien propriétaire son intérêt d’acquérir un jour un St-Hubert, celui-ci lui a offert, en 2012, de lui vendre celui de Saint-Hyacinthe. Il se souvient encore très clairement de la réunion durant laquelle l’annonce a été faite aux employés et de la vague d’amour qui a déferlé sur lui à cet instant. Il considère d’ailleurs que c’est à partir de ce moment que son côté humain a pris le dessus par rapport à son côté plus rationnel.

C’est officiellement en 2013 que la transaction a été réalisée. Pour ce faire, il a pu bénéficier de l’appui d’un partenaire financier, soit un couple de franchisés de Victoriaville, Johanne Faucher et Bernard Labbé, qui a acheté une partie des parts. Mais dès le début, l’objectif était que Steve Deslauriers rachète leur part de la franchise le moment venu pour voler de ses propres ailes.

Le déménagement du restaurant en 2016 a engendré du retard dans le projet, puis la pandémie a frappé en 2020. C’est pourquoi la transition s’est étirée jusqu’au début du mois d’octobre, alors que M. Deslauriers a pu enfin dire au revoir et merci à ses anciens partenaires.

Plusieurs projets fourmillent déjà dans la tête de M. Deslauriers, mais il attend que ses trois jeunes enfants soient un peu plus vieux pour les réaliser, car il aura plus de temps à y consacrer. La conciliation travail-famille est d’ailleurs un défi majeur pour lui en ce moment.

Des défis à relever

La main-d’œuvre est le défi le plus important auquel il est confronté en ce moment alors que, sur 110 employés, 60 % travaillent à temps partiel. « Il y a une rotation naturelle qui se fait », mentionne-t-il en faisant notamment référence aux jeunes qui quittent après avoir terminé l’école. « Il faut essayer de garder nos gens le plus longtemps possible, de les accommoder de notre mieux », ajoute-t-il.

Il doit aussi composer avec les changements d’habitude de la clientèle. Depuis la COVID-19, même avec la réouverture complète des salles à manger, les commandes à emporter et les livraisons ont pris une importance grandissante et qui ne se dément pas. Les gens consomment autant de St-Hubert, mais autrement, note M. Deslauriers.

Le nouveau propriétaire unique a donc choisi de miser sur la réduction de sa salle à manger en passant de 300 à 260 places. Cela lui permet d’avoir trois à quatre employés de moins par jour sur le plancher. « Cette tendance-là est lourde et va durer encore quelques années », croit-il.

Il garde aussi un œil sur la relève à long terme. M. Deslauriers a d’ailleurs cédé une petite partie de ses parts à son bras droit et directrice adjointe, Stéphanie Bourgeois. Il songe aussi au rôle que pourraient jouer ses enfants. « Il faut découvrir nos talents à l’interne et les faire progresser. Il y a 22 ans, personne, sauf moi, n’aurait pu dire : le petit nouveau serveur un peu arrogant, il va devenir le boss un jour, le chef d’orchestre de cette entreprise », lance-t-il en riant.

Selon lui, la clé du succès est d’être résilient, d’être présent sur le plancher, d’être un caméléon pour s’adapter à la personnalité de chaque employé et de chaque client et de faire preuve d’une très grande flexibilité à tous les niveaux. Voilà tous les ingrédients de sa recette personnelle.

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