16 juin 2022
Subaru WRX 2022 : plus que prévu
Par: Marc Bouchard
Photo Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

La nouvelle Subaru WRX 2022 n’a pas suscité l’enthousiasme quand les premières photos sont apparues. Le look moins dramatique, les arches de roue recouvertes de plastique et l’abandon du modèle STI ont un peu refroidi les ardeurs des amateurs. Et des journalistes automobiles aussi.

Une fois en présence de la bête cependant, l’attitude change. J’en ai pour preuve les commentaires quasi unanimes des journalistes présents, et le résultat de nos propres photos, définitivement plus avantageuses que celles publiées auparavant.

Physiquement, la nouvelle Subaru WRX reprend la plateforme globale de Subaru. Elle est plus rigide, offre une nouvelle méthode de répartition des adhésifs pour ajouter solidité et stabilité, mais surtout, elle est un peu plus grande que la précédente. Au total, quelque 75 mm de plus en longueur totale, ce qui se traduit notamment par un empattement allongé.

Qui dit long empattement dit aussi espace intérieur supérieur, ce que les passagers arrière ont l’occasion de valider dans la nouvelle WRX. Ajoutez à cela des sièges au design remodelé et offrant un meilleur support, et la petite voiture sport devient une berline homogène qu’on peut utiliser sans gêne comme voiture quotidienne.

Plus dynamique

La mécanique de la WRX 2022 n’est pas exactement nouvelle. Il s’agit, en fait, du même moteur 4 cylindres 2,4 litres qu’on retrouve sous le capot de la grande Ascent. En revanche, on l’a modulé pour offrir un peu plus de puissance, soit 271 chevaux, et pour redéfinir la courbe du couple. Les 258 livres-pied de couple sont donc accessibles plus tôt, et plus longtemps, ce qui rend le contrôle encore plus facile.

Les suspensions ont été revues, offrant un débattement supérieur et un angle et une position d’attache différents. Le résultat est une randonnée définitivement plus raffinée, moins exagérément sportive, mais tout de même capable d’un surprenant dynamisme. Un bon mot pour l’absorption des hasards de la route qui s’est particulièrement fait sentir sur les portions les plus accidentées de notre randonnée.

Puis il y a la transmission. Rappelons que, en moyenne, 80 % des amateurs de WRX optent pour la boîte manuelle, ce qui, dans l’ancienne génération, s’expliquait par la présence d’une transmission à variation continue endormie et au ralenti. Cette fois – et c’est ici que les mordus me lancent des roches – la version automatique est plus performante.

Précisons tout de suite qu’on dit avoir amélioré la transmission manuelle, mais que comme dans le passé, elle m’est apparue molle et sans vie. Mieux qu’avant peut-être, mais pas aussi enthousiasmante que d’autres sportives du genre.

La boîte automatique, en revanche, est exceptionnelle. Ne dites pas aux gens de Subaru qu’il s’agit d’une CVT, même si dans la réalité, c’est le cas. Ils en feront de l’urticaire. Il faut avouer cependant que son comportement est plus proche d’une boîte à double embrayage, avec passages manuels au choix, que de la traditionnelle et ennuyeuse CVT. La réalité, c’est que si je devais m’en acheter une, j’opterais pour l’automatique, ou Subaru Performance Transmission (SPT) tout simplement.

La conduite

Sur autoroute, merci pneus Dunlop, la voiture faisait entendre un certain bruit de roulement malgré une meilleure insonorisation de l’habitacle. Sur les routes de campagne cependant, on ne percevait pas aussi clairement ce bruit de fond.

Ce qu’on a bien perçu, en revanche, c’est la conduite dynamique de la WRX. Sur une route digne d’une étape de rallye, où gravier et sable s’entremêlaient sous une pluie froide, la WRX enchaînait les virages et les montées avec la précision d’une vraie voiture de rallye.

Au grand déplaisir de mon passager-cameraman, la petite route d’une vingtaine de kilomètres s’est déroulée au rythme d’une véritable course, la voiture pardonnant les quelques manœuvres plus osées que j’ai tentées. Merci au système pas trop intrusif de sécurité embarqué, j’ai pu mettre à l’épreuve toutes les capacités de la voiture.

Parce que cette portion se déroulait avec la voiture à boîte manuelle, je ne disposais toutefois pas des modes de conduite réglables ni du système Eye Sight qui sont tous deux l’apanage de la boîte automatique seulement.

Précisons aussi qu’un système multimédia efficace et un grand écran de 11,6 pouces sont désormais offerts. Mais trop occupé à conduire, j’avoue ne pas les avoir mis à l’épreuve.

En résumé

Je l’avoue, je m’attendais à une forme de déception. Il est toujours difficile de survivre à sa légende, et l’histoire même de la WRX est exceptionnelle. La bonne nouvelle, c’est que la nouvelle mouture est totalement à la hauteur, à tous les points de vue.

Mieux encore, elle est encore plus équilibrée et plus raffinée que jamais. La réalité, c’est que si la WRX n’a jamais fait partie de vos plans auparavant, cette nouvelle mouture pourrait bien changer la donne! Et rendez-vous service, donnez une chance à la boîte automatique. Vous serez séduit!

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