Au terme du processus de vérification, il a en effet été déterminé qu’une seule des cinq soumissions était jugée conforme aux devis et aux attentes de la Ville, la plus coûteuse du lot. « Je ne comprends pas. J’ai été surpris qu’on soit tous rejetés, sauf une entreprise. C’est bizarre. La prochaine fois, est-ce que ça va valoir la peine de soumissionner pour un contrat pour la Ville de Saint-Hyacinthe? » se questionne un soumissionnaire en entrevue au COURRIER. Celui-ci a requis l’anonymat afin de ne pas nuire à la possibilité d’obtenir d’autres contrats municipaux.
La Ville de Saint-Hyacinthe avait lancé le processus d’appel d’offres en septembre 2024 dans le but de faire l’acquisition de trois génératrices pour son usine de filtration. Le premier échéancier pour l’appel d’offres avait d’abord été fixé le 21 octobre, pour ensuite être reporté à quatre reprises. Sur cinq soumissions reçues, quatre ont été écartées pour diverses raisons. Ces dernières variaient entre 511 223,69 $ et 677 034,71 $ (voir tableau).
La seule soumission jugée conforme était celle de Drumco Énergie, une entreprise et distributeur de Drummondville, au montant de 845 261,71 $.
Parmi les raisons soulevées dans les lettres transmises aux entreprises perdantes pour justifier le rejet de leur soumission, obtenues par LE COURRIER par l’entremise de la Loi sur l’accès aux documents d’organismes publics, on soulignait que les besoins des équipements soumis excédaient les limitations physiques du bâtiment existant, qu’une entreprise n’avait pas démontré avoir pris connaissance des addendas publiés sur SEAO ou que la soumission d’une autre ne respectait pas le délai de production imposé bien qu’elle respectait le délai de livraison exigé par la Ville.
Le conseil municipal a finalement octroyé le contrat à Drumco Énergie à la séance du 18 novembre 2024. Autre surprise de taille, ce contrat est au montant de 549 109,10 $, ce qui représente une économie de près de 300 000 $ par rapport à la soumission initiale de Drumco.
Selon la Loi sur les cités et villes, les municipalités peuvent en effet s’entendre avec le soumissionnaire, dans le cas où elle a reçu une seule soumission conforme, pour conclure un contrat à un prix moindre. Elle ne peut toutefois pas changer les autres obligations, et le prix proposé doit accuser un écart important avec l’estimation de la Municipalité. Le service des communications confirme que la Ville s’est prévalue de cette clause dans la Loi. Aucune modification n’a été apportée aux exigences contractuelles, assure-t-on.
Questionné sur cet appel d’offres, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, assure que les élus ont posé toutes les questions qui s’imposaient. « Je ne me rappelle plus des réponses, mais on avait été rassurés. »
Des soumissionnaires déplorent, entre autres, que les devis étaient trop contraignants, permettant à un seul joueur dans le milieu des génératrices de se qualifier pour l’appel d’offres, une allégation que rejette le maire de Saint- Hyacinthe. « On ne peut pas se permettre [d’avoir un bris de service] dans la production d’eau. On avait des exigences élevées. On a demandé les équipements qu’on jugeait les meilleurs », a expliqué le maire, en rappelant que la Ville fait confiance à la firme d’ingénieurs qui a produit les documents pour l’appel d’offres, soit EXP dans le cas présent.