22 septembre 2022
Saint-Simon et Olymel
Un exemple à suivre
Par: Le Courrier
Martin Bourrassa

Martin Bourrassa

La petite Municipalité de Saint-Simon ne manque pas d’ambition et elle semble bien décidée à porter un grand coup pour fouetter son développement. Celui-ci passe par l’achat des installations et du vaste terrain de l’abattoir Olymel pour y faire pousser des maisons. Beaucoup de maisons. Une bonne centaine.

Et Olymel n’a pas dit non, bien au contraire. L’entreprise a accepté les termes d’une offre d’achat de 6,6 M$ pour vider la place d’ici deux ans et la céder à la Municipalité du maire Simon Giard.

Les élus devaient convaincre les citoyens de les suivre dans cette aventure, en acceptant les termes d’un règlement d’emprunt de 7,9 millions afin de financer cette transaction et tout ce qui vient avec. L’emprunt devrait être remboursé par la vente des terrains aux promoteurs intéressés et on devine qu’ils seront nombreux. L’appui de la population ne semblait être qu’une formalité. De fait, un seul citoyen a demandé la tenue d’un registre sur la question. Cela n’arrivera donc pas.

J’ai beau retourner ça de tout bord, tout côté, je vois mal pourquoi les citoyens se seraient objectés à cet emprunt, voire à ce projet qui profitera à l’ensemble de la communauté en assurant son essor, sa vitalité et sa bonne santé socio-économique.

On va se le dire, quinze ans après la fermeture de l’abattoir à Saint-Simon et la perte de 400 emplois, c’est sans aucun doute ce qu’il y a de mieux et de plus porteur à faire avec ces installations. Il faut faire son deuil d’une relance significative et durable de la part d’Olymel, qui a bien d’autres chats à fouetter ailleurs.

La Municipalité a donc flairé la bonne affaire. Et on devine que le projet porté par le maire Giard doit faire bien des jaloux autour de la table des maires de la MRC qu’il préside à titre de préfet. Saint-Simon profite d’un grand terrain déjà dézoné et pratiquement prêt à lotir, avec une denrée précieuse en bonne quantité : de l’eau potable.

Ce luxe n’est pas donné à toutes les municipalités rurales. Parlez-en aux gens de Sainte-Hélène-de-Bagot ou de Saint-Liboire, par exemple. L’alimentation abondante d’Olymel devrait survivre à son départ. Ne reste plus qu’à espérer que l’agrandissement de l’école primaire Notre-Dame-de-la-Paix aboutisse, question que les services suivent la cadence du développement. Le budget initial de 6 M$ a besoin d’être bonifié de façon substantielle, voire même triplée, pour pouvoir se réaliser. Québec devra donner son aval. Encore là, c’est une simple question de temps avant que ça arrive.

Dommage que le projet de déménagement des Encans de la ferme de Saint-Hyacinthe vers Saint-Simon ait frappé un nœud devant la Commission de protection du territoire agricole, car la Municipalité aurait cartonné pas à peu près sur tous les fronts. Il se passe quelque chose là-bas, qu’on se le dise. Tout comme il se passe quelque chose avec Olymel.

Plus que jamais, cette entreprise semble maintenant ouverte à vendre ses installations sous-utilisées. Outre le cas de Saint-Simon, on se souviendra qu’elle s’est aussi départie, en février dernier, de ses installations et terrains de Saint-Valérien- de-Milton où elle avait aussi fermé son abattoir en avril 2007. Au grand bonheur des propriétaires de Pliage Maska qui souhaitent eux aussi requalifier le tout avec l’aide la Municipalité.

Cela nous ramène comme par enchantement à Saint-Hyacinthe où Olymel possède aussi une usine mal-aimée qui tourne au ralenti depuis l’été 2017 quand le couperet est tombé sur 340 employés. Malgré quelques soubresauts, l’entreprise a annoncé cet été la suppression de 61 des 178 postes qui s’y trouvait.

La question à se poser est la suivante : ces installations ont-elles de l’avenir ou ne seraient-elles pas plus utiles en étant requalifiées? La présence de cette usine au beau milieu d’une zone résidentielle et à l’entrée (où la sortie) du Quartier des études supérieures étonne autant qu’elle dérange en 2022. Et c’est bien connu, la Faculté de médecine vétérinaire commence à être drôlement coincée dans son petit coin. Le moment serait peut-être bien choisi pour avoir une bonne petite jase avec la haute direction d’Olymel afin de connaître ses intentions et son ouverture à une éventuelle relocalisation.

De toute évidence, la direction n’a jamais été aussi disposée à écouter et à dialoguer.

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