10 novembre 2022
Porté par la Coopérative régionale d’électricité de St-Jean-Baptiste-de-Rouville
Un projet de biométhanisation à Saint-Damase
Par: Adaée Beaulieu
La municipalité de Saint-Damase a été ciblée par la Coopérative régionale d’électricité de St-Jean-Baptiste-de-Rouville. Elle souhaite y construire une usine de biométhanisation afin d’y traiter annuellement 70 000 tonnes de lisier et de déchets agricoles. Photo EZ Fotos

La municipalité de Saint-Damase a été ciblée par la Coopérative régionale d’électricité de St-Jean-Baptiste-de-Rouville. Elle souhaite y construire une usine de biométhanisation afin d’y traiter annuellement 70 000 tonnes de lisier et de déchets agricoles. Photo EZ Fotos

Après Saint-Hyacinthe et Saint-Pie dans la MRC des Maskoutains, la filière de biométhanisation pourrait bientôt s’implanter à Saint-Damase.

La Coopérative régionale d’électricité de St-Jean-Baptiste-de-Rouville caresse l’idée d’y construire et d’y opérer une usine de biogaz. Elle mène d’ailleurs une série d’actions pour parvenir à ses fins dans un horizon de deux à trois ans.

En entrevue au COURRIER, le directeur général de la coopérative, Damien Tholomier, en poste depuis janvier 2021, mentionne la volonté de son conseil d’administration de s’investir dans le développement d’énergie verte en misant sur la biométhanisation.

L’objectif à terme est d’injecter trois millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable dans le réseau d’Énergir, si possible, à la fin de 2025. Le choix de Saint-Damase s’explique par la proximité des intrants agricoles nécessaires à alimenter l’usine en matières premières et la possibilité de rejoindre facilement le réseau de canalisation d’Énergir.

La production de biogaz sera tirée en majorité de lisier et de résidus agricoles. On croit possible d’y transformer annuellement quelque 50 000 tonnes de lisier et quelque 20 000 tonnes de déchets agricoles, pour une capacité totale de 70 000 tonnes. La future usine, aménagée sur une superficie d’un peu moins de deux hectares, sera aussi construite de façon à pouvoir recevoir d’autres sortes d’intrants de manière à satisfaire aux exigences d’un contrat de 20 ans que souhaite signer la Coopérative avec Énergir.

L’usine traitera aussi le digestat. La matière solide qui demeure au terme du processus de biométhanisation sera retournée aux agriculteurs. L’ajout d’une usine de granulation est aussi prévu éventuellement.

La CPTAQ a son mot à dire

Le projet a pris naissance il y a environ un an et l’étude de préfaisabilité vient d’être complétée. Les citoyens de Saint-Damase seront invités à participer à une soirée d’information le 29 novembre.

Une demande d’autorisation a été déposée par les promoteurs auprès de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), qui devra donner son aval au projet.

La Coopérative ne souhaite pas pour l’instant préciser l’endroit exact où elle compte construire l’usine de Saint-Damase, se limitant à dire que le producteur agricole concerné est disposé à lui céder une partie de ses terres. À sa réunion du 12 octobre, le conseil des maires de la MRC des Maskoutains a donné officiellement son appui au projet en endossant les démarches de la coop d’électricité devant la CPTAQ.

En attendant la décision de la Commission, la Coopérative régionale d’électricité de St-Jean-Baptiste-de-Rouville tentera d’obtenir de Québec une aide financière afin de réaliser l’étude de faisabilité qui devrait être complétée entre juin et septembre 2023. On envisage aussi de demander une aide provinciale pour financer la construction de l’usine dont l’investissement requis n’a pas été chiffré. Toutes ces démarches sont conditionnelles au feu vert de la CPTAQ, prévient M. Tholomier.

Pour sa part, le maire de Saint-Damase, Alain Robert, se réjouit à l’idée d’accueillir sur son territoire ce projet d’usine de biométhanisation. Le conseil municipal a donné son accord et soutient les promoteurs devant la CPTAQ, même si la Municipalité n’a aucune implication dans ce projet. La Municipalité serait bien heureuse si ses boues d’épuration pouvaient y être valorisées ultérieurement.

M. Robert précise aussi que l’agriculteur prêt à céder une partie de ses terres a ciblé une zone moins fertile et qu’il serait bien heureux d’avoir à proximité un débouché pour ses surplus de lisier, comme bon nombre d’agriculteurs de la région.

Selon M. Robert, il s’agit d’un pas dans la bonne direction afin de faire la promotion d’une agriculture plus verte.

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