10 mars 2022
Stationnement à côté du Centre des arts Juliette-Lassonde
Un projet immobilier de 80 M$ avec du logement abordable
Par: Sarah-Eve Charland
De gauche à droite, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, le président d’Interloge, Daniel Dyotte, le directeur général d’Interloge, Louis-Philippe Myre, et les fondateurs de Biophilia, Vincent Lainesse et Dominic Rodier. François Larivière | Le Courrier ©

De gauche à droite, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, le président d’Interloge, Daniel Dyotte, le directeur général d’Interloge, Louis-Philippe Myre, et les fondateurs de Biophilia, Vincent Lainesse et Dominic Rodier. François Larivière | Le Courrier ©

Les hommes d’affaires maskoutains Vincent Lainesse et Dominic Rodier font partie d’un groupe qui convoite le terrain municipal où se trouve le stationnement public à côté du Centre des arts Juliette-Lassonde afin d’y construire un immeuble de 200 à 250 logements, dont 30 % seront abordables.

Ils envisagent de construire un bâtiment pouvant atteindre jusqu’à huit étages sur ce terrain qui devait à l’origine accueillir le complexe immobilier de Groupe Sélection, avant que ce dernier se déplace près de la rivière Yamaska. Bien que rien ne soit attaché pour l’instant, les promoteurs souhaitent, en collaboration avec l’organisme à but non lucratif (OBNL) Interloge, présenter à la population les intentions du projet évalué à 80 M$, et ce, dans un souci d’acceptabilité sociale.

Les promoteurs souhaitent construire un bâtiment d’environ huit étages représentant un investissement de près de 80 M$. Ils souhaitent participer au Fonds national de co-investissement pour le logement mis sur pied par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ce programme offre des prêts pouvant atteindre 95 % des coûts pour des immeubles à logements abordables.

À savoir si le financement est sécurisé, Dominic Rodier ajoute qu’ils devront déposer le projet dans le cadre du programme fédéral. Il est plutôt confiant que le projet se qualifie. « On est très près des souscripteurs du programme pour connaître comment déposer un projet. Ils sont déjà au fait du projet parce qu’ils donnent des sommes pour l’étude de faisabilité. »

Parmi les logements, 30 % seront abordables, c’est-à-dire que leur prix devra être de 20 % sous le prix du loyer médian de la région. À titre d’exemple, si l’immeuble était inauguré cette semaine, le prix mensuel d’un loyer de deux chambres serait de 650 $ et de 735 $ pour un logement de trois chambres. À terme, l’immeuble appartiendrait à Interloge qui agirait aussi à titre d’opérateur. Les clientèles visées sont les ménages à faibles revenus, les nouveaux arrivants et le grand public.

Avant de commander des concepts architecturaux, ils lanceront, avec Interloge, une étude de faisabilité dans laquelle les citoyens et tout intervenant intéressé pourront participer. Les détails seront dévoilés au cours des prochaines semaines. Le processus sera géré par la firme L’Atelier urbain. L’étude de faisabilité sera assumée par Interloge à hauteur de 498 000 $. Cette étape devrait se dérouler sur une durée de quatre à six mois. Par la suite, les promoteurs se lanceront dans les concepts architecturaux.

« On a inclus deux activités participatives, ce qui est plutôt rare. Il n’y a pas un coup de crayon donné sur le concept architectural avant d’avoir rencontré les citoyens et tous ceux qui auront des intérêts de participer », assure M. Lainesse.

Les travaux de construction ne commenceront pas avant la fin des chantiers de Groupe Sélection et de la place des spectacles de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Les promoteurs ont formé la Société Biophilia développement durable il y a deux ans. MM. Lainesse et Rodier ont souligné avoir tout d’abord approché l’organisme Habitations Maska dans l’optique de travailler avec un organisme maskoutain. Toutefois, l’organisme ne cadrait pas avec les exigences du programme fédéral auquel souhaite adhérer le projet. Ils piloteront finalement le projet en collaboration avec Interloge, une entreprise à but non lucratif montréalaise dédiée à la gestion de logements abordables.

Question de stationnement

Si le projet se réalise, la Ville de Saint- Hyacinthe s’est engagée à céder gratuitement le terrain en plus d’offrir une contribution monétaire qui pourrait représenter entre 5 % et 10 % du coût du projet. Cette contribution permettrait aux promoteurs d’obtenir le prêt de la SCHL.

« La beauté de l’affaire, c’est que le projet se réalisera sans réduire l’offre de stationnement public. C’est le principe même de la densification : faire plus sur un même espace en construisant un stationnement souterrain et plus de 200 nouvelles unités d’habitation de qualité », a déclaré le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard.

Ce dernier mentionne qu’un autre promoteur avait aussi soumis un projet au conseil municipal concernant ce terrain. Les élus ont préféré prioriser le projet de Biophilia étant donné l’inclusion de de nombreux logements abordables.

Les instigateurs du projet s’engagent à offrir autant de cases de stationnement existantes à la population au terme de la construction. Ces 178 cases s’ajouteront à celles aménagées pour les locataires.

« L’hypothèse actuelle est de construire trois niveaux de stationnements. Il m’est impossible, par contre, de vous dire de quelle façon cela sera configuré ainsi que le nombre de cases de stationnement qui sera disponible à la clientèle. Nous serons en mesure d’avoir une stratégie sur le stationnement après la phase d’étude de faisabilité lorsque nous aurons eu les résultats des tests de sol ainsi que les expertises en génie civil, en structure et en architecture », explique Vincent Lainesse.

Le maire de Saint-Hyacinthe reconnaît que le stationnement deviendra un enjeu majeur pendant la construction. À ce stade-ci, la Ville travaille à trouver des solutions, ajoute-t-il. « C’est le grand défi de ce projet-là. On est à la phase exploratoire. On est conscients qu’on devra trouver environ 200 cases de stationnement. » Malgré ce projet sur la table, la construction d’un stationnement étagé ailleurs au centre-ville n’est pas exclue.

Biophilia souhaite intégrer plusieurs principes de développement durable dans le projet, dont assurer une performance énergétique 25 % supérieure à ce qui est exigé par le Code national du bâtiment.

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