17 novembre 2022
Exploit historique pour l’équipe St-So Racing
Un scénario digne d’un film pour la dernière course de Paul St-Sauveur
Par: Maxime Prévost Durand
Le pilote maskoutain Paul St-Sauveur n’aurait pas pu espérer mieux pour sa dernière course derrière le volant d’une voiture. Son protégé Mathieu Desjardins, au volant de la voiture #37M de l’équipe St-So Racing, a réalisé un exploit inédit pour un Québécois en remportant une épreuve de la série Super DIRTCar aux États-Unis. Photo Autodrome Drummond

Le pilote maskoutain Paul St-Sauveur n’aurait pas pu espérer mieux pour sa dernière course derrière le volant d’une voiture. Son protégé Mathieu Desjardins, au volant de la voiture #37M de l’équipe St-So Racing, a réalisé un exploit inédit pour un Québécois en remportant une épreuve de la série Super DIRTCar aux États-Unis. Photo Autodrome Drummond

L’équipe St-So Racing du Maskoutain Paul St-Sauveur a savouré un moment historique, le 4 novembre. Son pilote Mathieu Desjardins, au volant de la voiture #37M, est devenu le premier Québécois à remporter une épreuve de la série Super DIRTCar en sol américain lors des World Finals, disputés à Charlotte, en Caroline du Nord. Une victoire qui venait avec un chèque de 10 000 $US.

« C’est du jamais vu! On est restés bien surpris. On allait là pour participer et, finalement, on a gagné! On capotait », s’exclame Paul St-Sauveur en entrevue avec LE COURRIER.

L’exploit est d’autant plus significatif pour le Maskoutain puisqu’il se trouvait lui aussi en piste. Actif depuis près de 40 ans dans le monde de la course automobile comme pilote et propriétaire de son écurie, il disputait ce soir-là sa toute dernière épreuve derrière le volant.

« C’est comme un scénario de film. Je prends ma retraite et, pendant la même course, l’autre auto de mon équipe gagne », souligne-t-il, encore sur un nuage.

Même si le vétéran pilote faisait partie des retardataires dans cette course, au volant de sa voiture #37, il a été un témoin privilégié de la victoire du #37M. Dans la dernière courbe avant le fil d’arrivée, Mathieu Desjardins l’a dépassé. L’Américain Tim Fuller, qui chauffait le Québécois, a voulu faire la même manœuvre, mais il est resté coincé derrière St-Sauveur en bas de piste, si bien que Desjardins a eu le champ libre pour passer sous le drapeau à damier en premier après une course excitante au possible.

« Ce n’était même pas voulu. Je faisais ce qu’il faut faire dans cette situation, c’est-à-dire de rester en bas de la piste », assure le Maskoutain, sans pour autant cacher un grand sourire en parlant de ce blocage involontaire.

« C’était fou raide, l’ambiance qu’il y avait. Les Québécois qui étaient là chantaient des olé olé. Personne ne s’attendait à ça. »

Mathieu Desjardins avait mis la table à cette performance historique en réalisant le deuxième meilleur chrono en qualification. À la suite du tirage pour former la grille de départ, il avait obtenu la position de tête.

Le pilote de Yamaska est appelé à succéder à Paul St-Sauveur au volant de la voiture #37 la saison prochaine au sein de la série Super DIRTCar.

« Ça fait quatre ou cinq ans qu’on le commandite avec son auto. Il avait gagné un championnat à l’Autodrome Drummond avec le #37 », affirme le propriétaire de St-So Racing.

Pour les deux dernières épreuves de la saison, à Oswego et à Charlotte, il avait justement amené Mathieu Desjardins avec lui en vue de cette passation du volant.

« On ne pensait jamais que ça donnerait des résultats aussi vite », ajoute le Maskoutain en parlant de cette victoire surprise à Charlotte.

Bien qu’il triomphait pour la première fois aux États-Unis, Desjardins avait déjà remporté en 2019 une épreuve de la série Super DIRTCar qui avait été disputée à l’Autodrome Drummond.

Une deuxième saison complète

Pour Paul St-Sauveur, ce moment mémorable est venu clore une deuxième saison complète en série Super DIRTCar comme pilote. Il répétait l’expérience après être devenu, en 2019, le premier Québécois à participer à toutes les courses de cette prestigieuse série de la classe Modifié aux États-Unis.

« J’ai trouvé ça plus dur que la première fois, confie en toute honnêteté le pilote de Saint-Hyacinthe. Je n’ai pas fait aussi bien que j’aurais voulu, mais je suis bien heureux quand même de l’avoir refait. Ça nous permet de voir où on est rendu comme équipe et avec nos voitures. »

Il tire sa révérence comme pilote avec la tête haute, fier de tout ce qu’il a pu accomplir au fil des années. « Je suis content de tout ce que j’ai bâti depuis que j’ai commencé à faire des courses. Ça prenait du caractère pour faire la série Super DIRTCar et, avec mon équipe, je l’ai fait deux fois », relate-t-il en prenant soin de souligner l’apport important de ses précieux – et fidèles – commanditaires, dont Les Équipements Harjo « qui [l]’ont toujours soutenu, même quand ça allait moins bien ».

Même s’il ne sera plus au volant d’une voiture l’an prochain, Paul St-Sauveur restera impliqué au sein de St-So Racing en tant que chef de l’équipe. Il sera donc aux premières loges pour suivre les prochains exploits de Mathieu Desjardins. « Il ne faut pas s’attendre à ce que ça arrive à nouveau l’an prochain. C’est exceptionnel ce qui vient de se passer. Mais si on est capables de s’approcher des dix premiers, on va être heureux », conclut-il.

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