17 mars 2022
Projet immobilier Biophilia
Un vent d’inquiétude au centre-ville
Par: Eliane Tremblay-Moreau
La SDC centre-ville Saint-Hyacinthe a partagé ses inquiétudes à l’égard du projet Biophilia.Photothèque | Le Courrier ©

La SDC centre-ville Saint-Hyacinthe a partagé ses inquiétudes à l’égard du projet Biophilia.Photothèque | Le Courrier ©

Le projet immobilier Biophilia ne fait pas l’unanimité au sein des marchands du centre-ville. Le bâtiment qui pourrait atteindre huit étages occuperait le stationnement public à côté du Centre des arts Juliette-Lassonde.

L’enjeu du stationnement est déjà bien présent au centre-ville. Bien que le promoteur promette d’ajouter 178 cases de stationnement intérieur à celles aménagées pour ses locataires, les commerçants du centre-ville se demandent où la clientèle pourra se garer pendant la durée des travaux. Le sujet fait beaucoup jaser au marché public.

« Il n’y a pas assez de stationnements dans le centre-ville, c’est connu. La majorité des employés se stationne près du Jean Coutu depuis la fermeture d’une partie du stationnement du Centre des arts. Ça nous affecte. Du côté des clients, ils font le tour du marché public jusqu’à ce qu’ils en trouvent un, mais lorsqu’ils n’en trouvent pas, ils doivent se stationner loin. Ça va décourager les clients à venir chercher des produits locaux s’ils doivent marcher longtemps avec leurs sacs d’épicerie », indique la copropriétaire d’À la Vieille Fromagerie Annie Ulrich.

Le manque de stationnement forcera certains employés à changer leurs habitudes. « S’il faut chercher un stationnement pendant plusieurs minutes avant de pouvoir nous garer, je vais songer à venir travailler à pied ou bien à prendre le transport en commun. Le problème, c’est l’horaire et la fréquence des autobus. Quant à moi, la Ville va devoir ajouter des passages pour pallier ce problème. J’ai également peur que l’architecture de ce bâtiment brise le charme du centre-ville. Huit étages, c’est trop et ça va défigurer le centre-ville », déclare Mélanie Hébert, une employée de la pâtisserie La Demi-Calorie.

« Le centre-ville est en pleine effervescence. Il y a plusieurs constructions neuves, mais ce sont presque tous des logements non abordables. Ce que je trouve dommage, c’est qu’ils démolissent des logements abordables pour construire des appartements luxueux que les gens du centre-ville ne peuvent pas se permettre », renchérit Claudie L’Heureux, qui travaille à la boulangerie Délices Granada.

la SDC est inquiète

La Société de développement commercial (SDC) centre-ville Saint-Hyacinthe a été approchée par le promoteur dans le but d’obtenir l’appui du conseil d’administration. « Après la présentation, aucun appui n’a été donné pour le moment puisque nous trouvons qu’il manque beaucoup trop d’informations, notamment de la part de la Ville de Saint-Hyacinthe, pour se prononcer », a mentionné le directeur général de la SDC centre-ville Saint- Hyacinthe, André Marcotte, dans une communication adressée aux membres.

Le président de la SDC centre-ville Saint-Hyacinthe, Stéphane Rhéaume, n’ose pas prendre position à cause du peu de détails transmis par le promoteur. Il manifeste toutefois son inquiétude.

« C’est un beau projet pour pallier la pénurie de logements. Cependant, nous avons plusieurs inquiétudes quant aux stationnements pendant les 18 mois de construction. Il ne faut pas faire ce projet au détriment des gens et des commerces qui sont déjà établis. Ce projet est encore préliminaire et nous veillerons à ce que sa réalisation ne mette pas en péril les commerces », explique-t-il.

Plusieurs bâtisses du centre-ville appartiennent au Groupe Robin, mais celui-ci n’a pas souhaité commenter le projet moussé par Vincent Lainesse et Dominic Rodier.

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