11 août 2022
La députée Chantal Soucy a vu Arlette
Une comédie dramatique avec une bonne dose de vérité
Par: Adaée Beaulieu
La journaliste Adaée Beaulieu et la députée Chantal Soucy ont fait une sortie au cinéma pour voir le film Arlette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La journaliste Adaée Beaulieu et la députée Chantal Soucy ont fait une sortie au cinéma pour voir le film Arlette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

LE COURRIER a eu l’idée d’inviter la députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, au cinéma afin de départager le vrai du faux dans le nouveau film <i>Arlette</i> mettant en vedette Marie-Pier Morin et réalisé par Mariloup Wolfe. Sa conclusion : bien qu’il s’agisse d’une satire politique, le film n’est pas si loin de la réalité.

Le long métrage fait beaucoup référence à l’utilisation de l’image, alors qu’il raconte l’histoire d’Arlette St-Amour (Marie-Pier Morin), une directrice d’un magazine de mode, propulsée dans la chaise de la ministre de la Culture pour rajeunir l’image du parti au pouvoir. Sur la place de l’image, le film vise juste. « En politique, il y a deux choses : la communication et l’image », confirme la députée.

« La réalité est moins glamour que ce qu’on voit à l’écran », rigole toutefois la députée en faisant référence aux robes à paillettes, au champagne servi avec style à de nombreuses occasions et à une fameuse partie de poker ayant duré toute la nuit. Elle note aussi certains protocoles non respectés comme la ministre qui coupe la parole du premier ministre lors de la période de questions ainsi que la présidente de l’Assemblée nationale qui applaudit le budget.

Des personnages bien campés et des émotions réalistes

Chantal Soucy considère que les comédiens sont à la hauteur de leur personnage. « Les comédiens sont fantastiques! Ils rendent bien leur rôle », affirme-t-elle. Elle fait notamment référence à la personnalité froide du ministre des Finances qui représente bien l’image qu’on lui demande de refléter dans la réalité. « Le ministre des Finances se doit de représenter tout le Québec, indique la députée qui confirme un clivage entre les députés de la métropole et ceux des régions en raison des enjeux si différents. Il doit agir en bon père de famille. C’est toujours mieux d’être ami avec lui. » Le long métrage relate d’ailleurs un conflit entre lui et la ministre de la Culture, une réalité possible, selon Mme Soucy.

Pour ce qui est du personnage d’Arlette, elle lui lève son chapeau. « Elle a de la suite dans les idées. Elle apprend vite et elle est stratégique », lance la députée. Bien qu’elle considère que la politique ait été plus un boys club jusqu’au début des années 2000 et que les choses ont changé, elle croit néanmoins que les femmes doivent encore travailler davantage pour faire leur place.

La députée considère que la scène de la cérémonie d’assermentation est à la hauteur des émotions qu’elle a elle-même vécues. « C’est vrai qu’on a des palpitations quand on entre pour la première fois dans le salon bleu. C’est un mélange de peur et de fierté. Je suis privilégiée, car nous sommes juste 125 députés pour tout le Québec. Je le réalisais chaque fois que je marchais vers l’Assemblée nationale quand j’habitais pas loin de là. Nous participons au changement de l’État », clame-t-elle.

Chantal Soucy définit la politique comme un sport extrême et note l’importance de bien s’entourer. Elle ajoute d’ailleurs que le personnel est très loyal. Elle souligne avoir apprécié le beau lien créé entre Arlette St-Amour et son attaché de presse qui témoigne d’émotions vraies lors des périodes plus difficiles.

« C’est vrai qu’on se donne beaucoup et qu’au final, on reçoit beaucoup de coups », déplore celle qui voyait venir les stratégies dans le film, notamment celle où le ministre des Finances promet une somme importante d’argent à un artiste en échange d’une humiliation publique de la ministre de la Culture.

« Les politiciens restent des humains et ça le démontre bien dans le film. C’est vrai que lorsque nous sortons, les journalistes sont tous là et certains élus se disent qu’ils s’en vont à l’abattoir », affirme Mme Soucy. Néanmoins, la députée a bien aimé que le film se termine bien.

Retour de Marie-Pier Morin sur la place publique

Chantal Soucy n’a pas souhaité commenter le fait que Marie-Pier Morin ait été choisie pour occuper ce premier rôle alors qu’elle a fait notamment l’objet d’allégations d’agressions et de harcèlement sexuels en 2020. « On a un super système de justice où il y a des procédures à suivre. […] Toutes personnes qui souhaitent porter plainte peuvent le faire. Je n’ai pas envie de participer au tribunal populaire », déclare-t-elle .

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