4 août 2022
Visite du pape à Québec
Une délégation religieuse de Saint-Hyacinthe était sur place
Par: Adaée Beaulieu
Le pape François était de passage au Canada la semaine dernière pour rencontrer les Premières Nations et amorcer le processus de réconciliation. Photo visitepapale.ca

Le pape François était de passage au Canada la semaine dernière pour rencontrer les Premières Nations et amorcer le processus de réconciliation. Photo visitepapale.ca

L’évêque émérite du Diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, a eu la chance de serrer la main du pape lors de son passage à Québec le 28 juillet.

Mgr Lapierre était accompagné de l’évêque actuel du Diocèse, Mgr Christian Rodembourg, ainsi que du vicaire général, Claude Lamoureux, et du chanoine Denis Lépine. L’évêque émérite a d’abord participé au rassemblement de milliers de personnes au Sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré le matin du 28 juillet, puis aux vêpres à la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec en après-midi.

Les deux homélies l’ont particulièrement marqué ainsi que l’attitude du pape. Malgré sa difficulté à se déplacer, le pape François a fait preuve d’ouverture et d’accueil. « Je l’ai beaucoup admiré lors de ce voyage-ci. C’est un homme donné à sa mission. Je me souviens qu’à la fin de la messe à Sainte-Anne-de-Beaupré, une dame s’est approchée avec un bébé et la façon dont il a accueilli ce petit enfant m’a impressionné », raconte celui qui avait déjà rencontré le pape François lors d’une rencontre ad limina, c’est-à-dire administrative, en 2017.

Changer les mentalités

Le pape était au Canada pour s’excuser des gestes commis par l’Église catholique envers les peuples autochtones, notamment dans les pensionnats, et pour renouer avec eux. Cette visite faisait suite à une rencontre entre le pape et des représentants de ces communautés au Vatican au printemps dernier.

« C’était un passage historique pour reconnaître les déficiences qu’il y a eu et demander pardon pour ce qui s’est passé », souligne Mgr Lapierre.

« J’ai bien aimé que le pape mentionne lors de l’homélie des vêpres qu’on ne doit pas juste avoir un regard négatif sur la situation, mais que cela peut nous amener à nous ouvrir à de nouvelles réalités et que nous avons quelque chose à apprendre des peuples autochtones », ajoute-t-il.

Il donne notamment l’exemple des langues autochtones qui sont peu connues des allochtones ainsi que le respect de la nature qu’ont ces peuples et duquel nous devrions nous inspirer. Il déplore que, pendant des années, la culture autochtone ait été ignorée, car le but était plutôt d’intégrer ces peuples dans la nôtre.

Mission accomplie

Pour Mgr Lapierre, le pape François était la personne toute désignée pour entreprendre ce processus de réconciliation avec les peuples autochtones. Il est originaire d’Argentine où vivent de nombreuses Premières Nations et il a donc été en contact avec leur réalité. Mgr Lapierre se dit lui-même très ouvert aux autres cultures même s’il ne côtoie pas de communautés autochtones sur le territoire du Diocèse. Il a d’ailleurs été missionnaire au Pérou et au Guatemala pendant sept ans. À cette époque, il a même pris le temps d’apprendre une langue précolombienne.

Son successeur, Mgr Rodembourg, suit aussi ses traces puisqu’il est actuellement en voyage au Pérou et n’a donc pu commenter sa rencontre avec le pape François. Sœur Édith Lavoie, responsable de la gestion chez les Sœurs de la Présentation de Marie, a suivi toute la couverture médiatique télévisuelle de la visite et l’a trouvée très inspirante. Elle partage cette vision que le pape François est le mieux placé pour gérer le dossier de la réconciliation. « C’est un pape pour l’heure. Il est le mieux placé pour représenter les églises d’Amérique. Nous pouvons changer quelque chose dans la mentalité de tous. Nous devons apprendre à vivre avec les autres communautés et à les respecter », renchérit-elle.

Étapes à venir

Selon Sœur Lavoie, l’important est que le pape ait tenu parole en venant à la rencontre des peuples autochtones et ait donc réalisé une première étape dans le processus de guérison. Maintenant, elle affirme que la suite des choses revient aux évêques catholiques du Canada. Ils ont d’ailleurs publié un communiqué vendredi évoquant qu’un plan d’action sera étudié lors de l’Assemblée plénière nationale cet automne.

Déjà, les Autochtones leur ont fait des requêtes concernant la préservation et la divulgation des archives des pensionnats et la question des artefacts autochtones déposés au musée du Vatican. Une révision des politiques et principes historiques dits « doctrine de la découverte », un accompagnement dans la lutte aux injustices systémiques ainsi qu’un soutien financier pour faire avancer la réconciliation sont aussi demandés.

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