7 avril 2022
Construction du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe
Une facture finale de 40,7 M$
Par: Martin Bourassa
La construction du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe devait représenter un investissement de 25 M$ à l’origine. Sa réalisation aura finalement coûté plus de 40 M$, et ce, sans aucune subvention provinciale ou fédérale. Photothèque | Le Courrier ©

La construction du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe devait représenter un investissement de 25 M$ à l’origine. Sa réalisation aura finalement coûté plus de 40 M$, et ce, sans aucune subvention provinciale ou fédérale. Photothèque | Le Courrier ©

Un peu plus de cinq ans après la première pelletée de terre, on sait maintenant combien a coûté la construction du centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe. En tout et partout, cet équipement destiné à relancer le tourisme d’affaires a nécessité un investissement de 40,7 M$, dont 36,3 M$ ont été assumés par les contribuables maskoutains.

Ce sont des chiffres largement supérieurs à ceux qui avaient été avancés lors de la présentation du projet à l’automne 2015. La Ville de Saint-Hyacinthe parlait initialement d’un centre de congrès de 25 M$, dont une part de 23,7 M$ devait être financée par l’entremise d’un règlement d’emprunt. Si ce dernier montant est demeuré inchangé, la Ville a dû se résoudre à puiser 12,6 M$ dans ses propres réserves pour payer toutes les factures.

Aucune subvention fédérale ou provinciale n’a servi à éponger ces dépenses, outre une modeste subvention de 27 000 $ de la société Énergir, autrefois Gaz Métro. Le partenaire privé associé à la Ville de Saint-Hyacinthe dans la construction du centre de congrès et de l’hôtel Sheraton qui lui est rattaché, à savoir la société Beauward, propriétaire des Galeries St-Hyacinthe, a contribué directement à financer certains travaux municipaux. Sa contribution s’est élevée à 4,3 M$ et a servi à payer une partie des frais reliés à la construction du stationnement souterrain. Ce dernier est aujourd’hui à l’usage exclusif de la clientèle du Sheraton. La Ville de Saint-Hyacinthe a toutefois négocié l’utilisation de divers espaces au sous-sol du centre de congrès appartenant à Beauward pour de l’entreposage ainsi que pour l’utilisation conjointe d’espaces techniques comme la salle électrique.

L’espace mis à la disposition de la Ville couvre 1251 pieds carrés qui font l’objet d’un loyer. Sur une période de 40 ans, correspondant à la durée du bail au terme duquel la Ville cédera gratuitement son centre de congrès à Beauward, le coût du loyer au sous-sol représente un engagement total de 56 652 $, selon les informations transmises par Brigitte Massé, directrice des communications à la Ville de Saint-Hyacinthe.

La Ville s’était aussi engagée à assumer sa part des taxes scolaires et foncières sur cet espace lui étant réservé. Une somme de 50 000 $ a été négociée entre les deux parties. Et plutôt que d’échelonner les paiements, la Ville a décidé de payer son dû d’un seul coup en septembre dernier en versant 122 623 $ (taxes incluses) à Beauward pour régler la question.

Décarel reçoit 4,3 M$ de plus

Il aura fallu patienter pas moins de quatre ans après la mise en activité du centre de congrès municipal avant de pouvoir établir le bilan financier de la construction.

Ce n’est qu’en novembre 2021 que la Ville de Saint-Hyacinthe a versé à l’entrepreneur général Décarel les dernières sommes d’argent qu’elle lui devait, en procédant à la libération d’une retenue finale au montant de 22 995 $. Ce geste signifie que la Ville accepte la livraison de l’immeuble et considère que les travaux ont été réalisés à son entière satisfaction.

On savait déjà que le Groupe Décarel s’était vu octroyer, il y a cinq ans, le plus gros contrat de l’histoire de la Ville de Saint-Hyacinthe pour un seul et même projet. C’est d’autant plus vrai maintenant que l’on connaît la facture totale de toute l’opération.

Pour son travail, l’entrepreneur a empoché des honoraires de 37,3 M$, soit 4,3 M$ de plus que la valeur du contrat record de 33 M$ qui lui avait été octroyé en août 2016.

On se souviendra que l’octroi de ce contrat avait soulevé une polémique peu de temps après puisque Décarel n’était pas le soumissionnaire ayant présenté l’offre la plus basse. C’est plutôt l’entrepreneur Magil Construction qui l’avait fait avec une proposition de 31,8 M$.

Le choix du comité de sélection s’était toutefois arrêté sur Décarel puisqu’il avait été effectué à la suite d’un système de pointage où l’aspect financier n’était pas le seul élément pris en considération. Magil avait tenté sans succès d’invalider le processus de sélection en s’adressant aux tribunaux. Elle a été déboutée par la Cour supérieure en octobre 2016.

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