11 mai 2023 - 07:00
Une famille mexicaine menacée d’expulsion obtient un sursis
Par: Zineb Guennoun | Journaliste de l'Initiative de journalisme local
La famille Chacon Medel accompagnée de Stéphane Carrier et de l’équipe du député Simon-Pierre Savard-Tremblay. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La famille Chacon Medel accompagnée de Stéphane Carrier et de l’équipe du député Simon-Pierre Savard-Tremblay. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Installée à Saint-Hyacinthe depuis cinq ans, une famille mexicaine menacée d’expulsion vient d’obtenir un sursis grâce aux démarches faites par l’employeur de la mère et le député de Saint-Hyacinthe–Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Juan Manuel Chacon Medel, sa femme Diana Nefertari Lugo Gonzalez ainsi que leur petit garçon Gaël devaient être déportés au Mexique à la fin avril, après que leur demande d’appel s’était vu refuser. Les deux jeunes parents n’avaient qu’un seul souhait : demeurer au Canada. Ils expliquent qu’ils ont bâti leur vie ici et qu’ils se sont bien intégrés tant sur le plan familial que professionnel.

Leur petit garçon, Gaël, âgé de 18 mois, était le seul qui pouvait rester au Canada puisqu’il est né à Saint-Hyacinthe. Après deux demandes d’asile refusées, le jeune couple soutient qu’il a quitté le Mexique en 2018 parce qu’il craignait pour sa vie là-bas.

« Quand on est arrivés au Canada, on cherchait une meilleure vie, j’avais beaucoup de problèmes avec le narcotrafic au Mexique », a expliqué Juan Manuel Chacon Medel.

Un employeur dévoué

Stéphane Carrier, directeur de Natur+L XTD, est l’employeur de Diana. Il précise que son employée a reçu l’avis de déportation pour elle et son conjoint avant la fête de Pâques. « Diana, c’est une bonne employée, on l’aime beaucoup, on l’apprécie beaucoup, elle fait un très bon travail », a-t-il confié. Face à cette situation, M. Carrier s’est battu corps et âme pour garder la famille au pays. Il a commencé par adresser une lettre au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ainsi qu’au ministre de l’Immigration Sean Fraser sans pour autant recevoir une réponse à sa demande.

Stéphane Carrier a donc décidé d’en faire une affaire personnelle et de ne pas baisser les bras en s’adressant au bureau du député de Saint-Hyacinthe–Bagot pour trouver une solution. « Ces gens-là sont honnêtes, ils payent des taxes, ils payent des impôts. Ils [ne] coûtent absolument rien à la société. C’est carrément dichotomique! », a-t-il ajouté.

Un député à l’écoute

Une fois le dossier reçu au bureau du député de la circonscription de Saint- Hyacinthe–Bagot, son équipe est entrée en contact avec le bureau du ministère de l’Immigration du Québec. On leur avait déconseillé d’utiliser la voie discrétionnaire parce que la voie régulière donnait raison à la décision de refus de la demande d’asile jugeant que le Mexique était sécuritaire pour le couple.

« La seule chose qui pouvait la renverser, c’était une volonté du ministre de l’Immigration », a souligné Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Après avoir soumis une lettre bien étoffée aux deux ministres de l’Immigration ainsi qu’à leur secrétaire parlementaire, l’accusé de réception était plutôt encourageant, mais sans plus. Une relance a été faite et M. Savard-Tremblay a même écrit au courriel personnel du ministre de l’Immigration la veille de l’expulsion prévue de cette famille immigrante.

« On n’était pas très optimistes jusqu’à ce qu’on apprenne finalement, à la dernière minute, à minuit moins une, que ces gens tout à fait intégrés allaient pouvoir rester, ces bons travailleurs-là qui élèvent un petit Québécois en devenir », a-t-il indiqué.

La famille Chacon Medel a maintenant un permis temporaire qui va leur laisser le temps de régulariser leur demande de résidence permanente. Juan Manuel pourra donc commencer à travailler bientôt pour la même entreprise que sa conjointe.

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