2 décembre 2021
Logements sociaux
Une hypothèque légale fait obstacle au Concorde
Par: Sarah-Eve Charland
Le Concorde vient tout juste d’accueillir ses premiers locataires. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le Concorde vient tout juste d’accueillir ses premiers locataires. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

À peine les clés remises à l’Office d’habitation des Maskoutains et d’Acton (OHMA), le projet Le Concorde crée déjà de la discorde. Sur un projet de 7,4 M$, l’entrepreneur qui a réalisé la construction affirme attendre après 1,5 M$ en paiement. Il a d’ailleurs déposé une hypothèque légale pour réclamer son dû.

Le président de Construction R.G.P. Brouillard, Pier-Alexandre Brouillard, s’est montré exaspéré de la situation. Depuis 14 mois, l’entreprise travaille à la construction de ce projet de 52 unités sur l’avenue de la Concorde Nord au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Dès le départ, l’entrepreneur a constaté une belle collaboration avec l’OHMA, mais la situation s’est gâtée au début de l’année lorsque les paiements ont commencé à s’espacer, estime-t-il.

Le Concorde a été livré à l’OHMA au cours des derniers jours. Les locataires ont pu aménager à partir du 19 novembre, après des jours de mésentente. L’immeuble comprend 45 logements sociaux et 7 chambres dédiées à une clientèle itinérante en plus d’un centre de jour. Voulant s’assurer d’obtenir son dû, Construction R.G.P. Brouillard a enregistré une hypothèque légale à la hauteur de 1 598 199,41 $.

Le directeur général de l’OHMA, Jean-Claude Ladouceur, s’est montré surpris en découvrant la procédure légale déposée à la mi-novembre. Bien que l’organisme n’ait pas finalisé la comptabilité, il ne croit pas que le montant dû est de 1,5 M$.

Selon M. Ladouceur, l’argent n’est pas un problème, mais les paiements doivent suivre un processus bien défini. Chaque fin de mois, l’entrepreneur doit soumettre sa facture, en bonne et due forme, qui devra être autorisée par la Société d’habitation du Québec. Par la suite, les sommes sont déposées sur la marge de crédit pour le paiement. Après la réception de la facture, l’OHMA a 60 jours pour effectuer le paiement, explique le directeur général.

« Ils ont été payés dans les délais prévus dans le contrat. On ne peut pas payer sans l’autorisation de la Société d’habitation. […] Ce n’est pas mon argent. C’est l’argent de la Société d’habitation. C’est garanti », affirme M. Ladouceur.

Ce dernier assure que tous les paiements ont été effectués, à l’exception de la dernière facture reçue puisque le dépôt de l’hypothèque légale bloque tout paiement. L’OHMA ne compte pas contester l’hypothèque légale. « Le conseil que j’ai à donner, c’est de lever l’hypothèque légale et on va être capables de payer. »

Relation difficile

Les relations entre l’entrepreneur et l’OHMA sont difficiles depuis plusieurs mois. L’entrepreneur Pier-Alexandre Brouillard raconte que plusieurs changements de directives ont créé des désagréments.

Il estime que ces changements représentent des coûts supplémentaires d’environ 200 000 $.

« À cela, s’ajoute une gestion du chantier déficiente. Il y a eu 79 directives et ordres de changement, lesquels prenaient des semaines, voire des mois avant d’être émis ou l’étaient le jour même de l’exécution des travaux, occasionnant des retards, des complications avec les sous-traitants et les fournisseurs et des augmentations de coûts. […] RGP est très préoccupée par la gestion de ce projet et des fonds publics par l’OHMA. »

M. Ladouceur répond qu’il est tout à fait normal qu’il y ait des changements de directives. Cela fait partie de l’ordre des choses, soutient-il.

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