5 mai 2022
Une lourde perte, mais pas de victimes
Par: Sarah-Eve Charland
Les pompiers ont pris près de 17 heures pour contrôler entièrement l’incendie. Photo Adam Bolestridge

Les pompiers ont pris près de 17 heures pour contrôler entièrement l’incendie. Photo Adam Bolestridge

Après avoir reçu un appel vers 22 h 55 le 28 avril, des dizaines de pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Hyacinthe ont été dépêchés pour combattre un incendie dans l’ancien Hôtel Ottawa sur la rue Saint-Antoine. Rapidement, ils se sont rendus à l’évidence : ils ne pouvaient pas sauver le bâtiment. Malgré tout, le Service de sécurité incendie y voit du positif puisqu’aucun autre bâtiment n’a été affecté par les flammes.

L’immeuble regroupait une vingtaine de logements et trois locaux commerciaux. Selon la Ville de Saint-Hyacinthe, 29 locataires se sont retrouvés à la rue. Ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge et le Service des loisirs de la Ville.

En cinq minutes, 14 pompiers étaient sur les lieux. Les informations transmises par une locataire au service 911 concernaient un incendie dans le stationnement à l’arrière du bâtiment près des bacs à déchets. Arrivés sur place, les pompiers se sont rendu compte qu’un incendie se propageait également au sous-sol.

Le directeur adjoint du Service de sécurité incendie, Michel Ouellette, affirme que les alarmes ont été déclenchées dans les minutes qui ont suivi. En moins de 15 minutes, l’alarme générale a été déclenchée et des services de sécurité incendie voisins ont été appelés en renfort. En tout, ce sont 11 services de sécurité incendie dépêchant chacun quatre pompiers qui ont prêté main-forte. Plus ou moins une centaine de sapeurs-pompiers, dont une cinquantaine de Saint-Hyacinthe, ont collaboré pour éteindre les flammes et éviter la propagation.

Des échelles aériennes du service d’incendie de la Vallée-du-Richelieu et de Granby ont été demandées sur place afin de s’ajouter aux deux appartenant à Saint-Hyacinthe. Cela a permis d’avoir une échelle protégeant chacun des quatre murs de l’immeuble. « Le feu s’est propagé de différentes façons. Dans un bâtiment, surtout âgé, il y a des espaces où le feu peut se cacher et s’infiltrer. En peu de temps, il était déjà rendu dans la toiture. Une chose est certaine, le feu avait déjà quelques longueurs d’avance sur nous », raconte M. Ouellette.

En parallèle des opérations visant à combattre l’incendie à l’arrière et l’incendie au sous-sol, les pompiers ont procédé à l’évacuation qui s’est déroulée rondement. Le système d’alarme incendie, fraîchement installé, a permis à la plupart des locataires de sortir rapidement. Seul un locataire voulant sauver ses deux chats domestiques est resté dans son logis. Il a été secouru, ainsi que ses compagnons félins, à sa fenêtre à l’aide d’une échelle portative. « On avait fait de la prévention incendie. On peut dire qu’on a eu un incendie majeur sans perte humaine grâce au travail de prévention et à la collaboration des propriétaires. Dans les mois précédents, ils s’étaient assurés d’avoir des détecteurs de fumée fonctionnels à la suite de la visite d’une équipe de prévention. Cette nuit-là, ça a porté fruit », affirme M. Ouellette.

À l’exception de deux blessures mineures dans les rangs des pompiers, on n’enregistre aucune victime ou blessé.

Violence de l’incendie

Le directeur adjoint raconte que les pompiers ont tenté d’éteindre le feu à l’intérieur au tout début. Ils ont dû rapidement se retirer en raison de la violence de l’incendie. Ils n’ont eu d’autre choix que d’opter pour une stratégie défensive en essayant de contrôler l’incendie à l’extérieur. « Quand on l’éteint de l’extérieur, on sous-entend que c’est une perte totale. Là, ce qu’on essaie de faire, c’est de sauver les autres bâtiments. La première méthode qu’on préconise, c’est l’attaque. On rentre dans le bâtiment. Mais lorsqu’on est sur le trottoir, on concède la bâtisse, on la perd. L’objectif, on l’a atteint : un seul bâtiment touché et non un quartier. On ne voulait pas voir la rue Saint-Antoine brûler. »

Michel Ouellet tient à préciser que le bâtiment en construction à proximité, vulnérable sans revêtement extérieur, n’a pas été touché par les flammes. Une équipe de pompiers était d’ailleurs assignée à le protéger. Il s’agit de la nouvelle construction à l’emplacement de la Place Frontenac qui avait également été victime d’un incendie en février 2019.

L’incendie de l’ancien Hôtel Ottawa a été officiellement contrôlé le lendemain à 16 h 19. Les dernières heures se sont déroulées avec l’aide d’une pelle mécanique afin de s’assurer qu’il n’y ait aucun foyer d’incendie dans les décombres.

Les circonstances de l’incendie sont encore inconnues. Après l’enquête des pompiers, il a été impossible d’avoir la certitude qu’il s’agissait d’une cause accidentelle. Le dossier a été remis à la Sûreté du Québec.

Miser sur la prévention

Selon M. Ouellette, dans le cas de l’Hôtel Ottawa, le Service de sécurité incendie n’a jamais manqué de ressources. En moins de 15 minutes, des dizaines de pompiers avaient été interpellés, rappelle-t-il.

« Pourquoi a-t-on un parc immobilier affecté par les incendies? Ce n’est pas rattaché à l’efficacité des pompiers. Il y a beaucoup de raisons reliées avec l’âge du bâtiment, l’entretien, l’usage et les gens qui y vivent. Malheureusement, depuis quelques années, il y a eu de gros feux. Ça touche des clientèles similaires. Certains incendies sont accidentels, d’autres non. […] Tout le monde déplore ces pertes-là. Nos pompiers, ce qu’ils souhaitent, c’est de ne pas avoir de feu », répond-il.

C’est pourquoi la place de la prévention a augmenté dans le dernier schéma de couverture de risque adopté par la MRC des Maskoutains en décembre 2021. Deux inspecteurs en prévention ont été engagés cette semaine par la Ville de Saint-Hyacinthe. Elle a aussi ajouté un pompier par quart de travail, ce qui représente 11 embauches.

« On a beaucoup augmenté la prévention et notre force de frappe. Dans les années à venir, on va probablement voir une différence. […] On ne l’a pas fait parce qu’on voyait une problématique. On avait évalué que le parc immobilier grossissait. On a réalisé qu’on pouvait améliorer la prévention », souligne Michel Ouellette.

 

image