13 octobre 2022
École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe
Une pièce drôle et d’actualité pour lancer la saison
Par: Maxime Prévost Durand
Les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en pleine répétition de leur première pièce de la saison qui sera présentée du 21 au 27 octobre à la salle Léon-Ringuet. Photo gracieuseté

Les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en pleine répétition de leur première pièce de la saison qui sera présentée du 21 au 27 octobre à la salle Léon-Ringuet. Photo gracieuseté

Du 21 au 27 octobre, la nouvelle cuvée de finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe présentera à la salle Léon-Ringuet le spectacle <i>Teatr</i>. Cette adaptation théâtrale du roman inachevé de l’auteur ukrainien Mikhaïl Boulgakov se veut à la fois drôle et criante d’actualité.

Même si cette pièce date du début du 20e siècle, elle résonne d’autant plus avec la crise actuelle en Ukraine et le rapport que la Russie entretient avec le reste du monde présentement. Elle évoque notamment la censure et l’oppression qui sévissaient à l’époque de Joseph Staline au sein de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), sous la forme d’une satire tragique.

« Il y a beaucoup d’humour. On va même du côté de la farce et de la caricature, décrit le metteur en scène Martin Faucher, qui dirige les finissants pour cette pièce. Ça n’empêche pas qu’on traite sérieusement les enjeux abordés dans la pièce, mais c’est fait avec un côté comique. C’est une des choses les plus drôles que j’ai montées. Ça décrit les excès du monde théâtral. »

Le personnage de Sergueï Maksoudov, un écrivain, tente de faire monter sa première pièce à son arrivée à Moscou. Après avoir lu son œuvre au célèbre Ivan Vassiliévitch, on lui proposera – ou plutôt imposera – des changements ridicules et inacceptables qui l’amèneront à tout envoyer promener. Contre toute attente, il apprendra plus tard que sa pièce est finalement retenue, mais il verra son travail être massacré sous ses yeux lors des répétitions auxquelles il sera invité à assister.

Le défi est intéressant pour les finissants qui sont appelés à naviguer entre les treize tableaux qui forment la pièce. « Chacun des tableaux a sa densité, sa temporalité, sa mécanique et son énergie, souligne Martin Faucher. De plus, le texte est traduit en français de France, ce qui amène une syntaxe plus littéraire. »

En plus de se déployer sur la scène de la salle Léon-Ringuet, la pièce amènera les comédiens à déborder du plateau principal et à se déplacer dans la salle. « Ça prend des allures de fête théâtrale », affirme le metteur en scène.

Un retour aux sources

Lui-même diplômé de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en 1982, Martin Faucher effectue un retour aux sources 40 ans plus tard en travaillant avec les finissants.

« De retourner dans les lieux où j’ai étudié, plus particulièrement dans la salle où on répète le théâtre, c’est très émouvant. Ça me rappelle plein de souvenirs et ça me montre tout le chemin que j’ai parcouru depuis 40 ans », souligne celui qui porte les chapeaux de comédien et de metteur en scène, en plus d’avoir été le directeur artistique du Festival TransAmériques de 2006 à 2021.

Ce n’est pas la première fois qu’il met en scène une pièce de l’École de théâtre. En 1993, il se souvient avoir travaillé avec les finissants sur la pièce Bousille et les justes de Gratien Gélinas.

« De partager, aujourd’hui, mes expériences de théâtre et ce que j’ai vu un peu partout dans le monde avec de jeunes étudiants, c’est hyper précieux. La transmission est un des grands enjeux de notre époque. C’est un geste qui est très nourrissant. »

Les billets pour les représentations de Teatr sont disponibles au coût de 10 $ (5 $ pour les étudiants) au ecoletheatre. cegepsth.qc.ca/saison.html. L’horaire complet y est également détaillé.

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