17 mars 2022
Subventions de la Ville à Aéroport de Saint-Hyacinthe
Une quasi-municipalisation qui ne dit pas son nom
Par: Le Courrier

Trois minutes expéditives au total. Sans présentation ni explication. C’est le temps qu’auront pris nos élus municipaux en séance extraordinaire du conseil le jeudi 10 mars pour adopter à l’unanimité une résolution qui engage formellement la Ville de Saint-Hyacinthe dans une entente d’aide financière sur 20 ans, à coup de 106 000 $ par année, à verser à l’OBNL Aéroport de Saint-Hyacinthe qui détient et gère l’aéroport.

Pas moins de 2,1 millions d’argent public investi sur la foi d’un mantra répété, mais jamais démontré et expliqué à la population maskoutaine par les acteurs au dossier : le « levier de développement » que l’aéroport constituerait et la nature des retombées économiques qui en découleraient.

Il est important de souligner que cette entente risque fort d’être encore plus coûteuse pour les contribuables. En effet, au-delà de la subvention annuelle de fonctionnement qui sera versée à l’aéroport, la Ville s’est engagée à bonifier son aide pour supporter des travaux de mise aux normes. Or, c’est un secret de Polichinelle pour qui connaît le dossier : une panoplie d’infrastructures sont actuellement non conformes, le rapport de la firme Octant Aviation l’avait largement détaillé.

Un soutien financier accompagné de questions sans réponse

Plutôt que de répéter ad nauseam que l’aéroport est un « actif non négligeable », il faudrait en faire la démonstration quand on fait le choix de le soutenir avec des deniers publics en lui octroyant une subvention annuelle récurrente sur 20 ans. Quelles sont les études et/ou projections de retombées directes de ce projet sur notre communauté? Le précédent propriétaire de l’aéroport, Gabriel Chartier, ne tenait aucun registre des manœuvres enregistrées à l’aéroport, comment alors déterminer son potentiel d’achalandage et le comparer aux concurrents en matière de fréquence et du nombre d’atterrissages et de décollages?

Comment l’aéroport de Saint-Hyacinthe tirera son épingle du jeu et se démarquera-t-il face à ses compétiteurs régionaux, établis depuis longtemps, comme Beloeil, St-Hubert ou Drummondville? Si l’on pense accueillir des jets privés d’affaires, rappelons que la piste actuelle n’est pas assez large et ses possibilités d’expansion et de prolongement sont problématiques, l’aéroport étant enclavé, bordé par une route et une voie ferrée, entouré de terres agricoles. Quels types d’activités et de clientèle seront accueillis ou hébergés sur le site? Quels en seront les impacts sur le milieu de vie maskoutain? Nos élus ayant à l’unanimité soutenu financièrement le projet, il faut alors en détailler la rationalité économique en toute transparence envers les citoyens, au-delà des paroles creuses.

Du trafic aérien dans le ciel maskoutain

Il est peu rassurant de constater que de potentiels impacts importants sur la qualité et le milieu de vie de résidents maskoutains sont en ce moment évacués du discours de nos élus sur le dossier. Qui dit aéroport régional digne de ce nom dit décibels et bruit. Qui a mis au courant et/ou consulté les résidents de Douville, avant d’annoncer cette entente? Pas le conseiller du secteur, M. Huard, ni le maire M. Beauregard, pas plus que le conseiller Coulombe du district Saint-Thomas-d’Aquin, bien que les résidents du Grand Rang vivent déjà avec la réalité sonore d’être dans le corridor de la piste.

De plus, à l’heure où le GIEC sonne l’alarme mondiale en ayant dévoilé son plus sombre rapport sur nos émissions GES et notre empreinte carbone, nous avons une responsabilité collective de faire des choix environnementaux judicieux pour l’avenir et les générations futures. Difficile de réconcilier l’aide financière accordée par la Ville avec les objectifs de son Plan de développement durable 2021-2025.

Retourner sa veste

Il est parfois opportun de revisiter le passé. En 2017, l’actuel maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, déclarait : « Je vous le dis ce soir et ce n’est pas dans six mois, dans un an ou dans deux ans que je vais changer d’idée. Je rencontre plein de gens à Douville qui sont contre l’aéroport. Je vais toujours être contre ». En 2022, le maire a retourné sa veste et va plus loin dans le sauvetage de l’aéroport que son prédécesseur Claude Corbeil qui avait acquis, à même les fonds publics, le restaurant fermé de l’aéroport. Force est de constater que le conseil actuel est prêt à allonger quelques millions d’argent des contribuables pour subventionner une infrastructure privée, que fréquenteront et utiliseront un nombre infime de Maskoutains, alors que la Ville peine à investir 50 000 $ par année dans son budget participatif ou néglige de lancer la réfection du Centre communautaire des loisirs du district Hertel–Notre-Dame, qui a plus que besoin, lui aussi, d’une mise aux normes à coup de millions…

Marijo Demers, cheffe de Saint-Hyacinthe unie

Anne-Marie Saint-Germain, présidente de Saint-Hyacinthe unie

Alexandre Tardif, trésorier de Saint-Hyacinthe unie

Annabelle T.Palardy, responsable de l’aile jeunesse de Saint-Hyacinthe unie

Lucie Gravel, agente officielle de Saint-Hyacinthe unie

Marc Bisaillon, responsable du financement de Saint-Hyacinthe unie

Françoise Pelletier, responsable du comité consultatif des citoyen.nes de Saint-Hyacinthe unie

Jausée Carrier, ex-candidate du district Sacré-Cœur pour Saint-Hyacinthe unie

Julie Marcotte, ex-candidate du district La Providence pour Saint-Hyacinthe unie

Mathieu Désy, ex-candidat du district Saint-Thomas d’Aquin pour Saint-Hyacinthe unie

Florence Cordeau, membre de l’aile jeunesse de Saint-Hyacinthe unie

Camille Massy-Raoult, membre de l’aile jeunesse de Saint-Hyacinthe unie

Alyson Côté, membre de l’aile jeunesse de Saint-Hyacinthe unie

Naïla Gravel, membre de l’aile jeunesse de Saint-Hyacinthe unie

Anne-Marie Aubin, résidente du district Douville

Marilou Tremblay, résidente du district Douville

Alain Charpentier, résident du district Douville

Sylvie Massy, résidente du district Yamaska

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