11 novembre 2021
Unis… dans la défaite
Par: Maxime Prévost Durand
Même si Saint-Hyacinthe unie n’a pas réussi à entrer à l’Hôtel de Ville, la cheffe Marijo Demers était fière de ses troupes lors de son discours dimanche soir. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Même si Saint-Hyacinthe unie n’a pas réussi à entrer à l’Hôtel de Ville, la cheffe Marijo Demers était fière de ses troupes lors de son discours dimanche soir. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avec aucun candidat élu, Saint-Hyacinthe unie a finalement perdu son pari de faire une percée à l’Hôtel de Ville. Le parti a néanmoins livré de nombreuses luttes tout au long de la soirée, démontrant qu’il avait bel et bien sa raison d’être.

« On ne fait pas notre entrée à l’Hôtel de Ville, mais ça a chauffé. Ça a été très serré, s’est exclamée la cheffe et candidate à la mairie, Marijo Demers, dans son discours prononcé au Centre de congrès. […] On ne fait pas notre entrée à l’Hôtel de Ville, mais je pense qu’on a offert des idées, des actions, une plateforme pour mettre de l’avant une vision politique et, ça, ce n’est pas terminé. »

Mme Demers aurait évidemment « voulu que des élus franchissent les portes de l’Hôtel de Ville », mais elle gardait la tête haute dans la défaite. « Ce ne sera pas pour cette fois-ci, mais les performances sont honorables et on n’a pas à rougir de ça », a-t-elle commenté avec sérénité en entrevue au COURRIER.

La défaite de son équipe ne marque pas pour autant la fin de l’aventure du parti, a-t-elle assuré. « Il y a une continuité à Saint-Hyacinthe unie. C’est un parti qui a été fondé il y a un an, qui vit bien, et on voit avec la performance qu’on a livrée ce soir, sans entrer à l’Hôtel de Ville, qu’on est dans l’arène politique. »

Des voix tout de même imposantes

Pas moins de six candidats du parti qui se présentaient à un poste de conseiller ont obtenu plus de 40 % des voix, a fait valoir Marijo Demers.

« Il y a eu des luttes très chaudes. On a des gens de Saint-Hyacinthe unie qui ont mené une bonne partie de la soirée et où une ou deux boîtes ont renversé la vapeur », a-t-elle analysé.

Les districts Yamaska, Saint-Sacrement et Hertel–Notre-Dame en sont de beaux exemples. Dans Yamaska, Alexandre Tardif menait par huit votes avec deux boîtes à ouvrir, mais a finalement été défait par le conseiller sortant Pierre Thériault. Du côté de Saint-Sacrement, à peine 39 votes ont permis à Annie Pelletier de conserver son poste devant Marc Bisaillon, puis, dans Hertel–Notre-Dame, Annabelle T. Palardy a talonné André Arpin jusqu’à la toute fin, perdant par seulement 54 voix.

Quel avenir?

Marijo Demers, qui a été très présente aux séances du conseil municipal depuis deux ans, a pour sa part indiqué qu’elle continuera de suivre et de s’intéresser à ce qui se passe à l’Hôtel de Ville.

Il en sera autrement pour la candidate du district Cascades, Chantal Goulet, qui a annoncé tirer sa révérence. Candidate à la mairie en 2017, où elle avait soutiré un peu plus de 40 % du vote, elle a cette fois récolté un peu moins de 29 % pour le poste de conseillère municipale qu’elle convoitait et qui a été remporté par Jeannot Caron.

« [La politique], c’est fini pour moi, a-t-elle lancé, grandement déçue du résultat. Ça fait plusieurs années que je m’implique, j’ai beaucoup donné dans le milieu communautaire pendant 15 ans, c’est maintenant le temps de penser à moi. »

C’est pourtant dans son district que Marijo Demers a connu le plus de succès, une situation que Mme Goulet s’expliquait d’ailleurs bien mal.

La femme d’affaires Jausée Carrier, qui en était à ses premières élections, était aussi déçue de ne pas être élue dans Sacré-Cœur, mais elle restait tout de même optimiste pour la suite. « Saint-Hyacinthe Unie est une équipe motivée à apporter du changement. Je vais rester militante pour mon parti », a-t-elle ajouté.

De son côté, la candidate Annabelle T. Palardy, qui était la plus jeune à se présenter à 28 ans, dit vouloir continuer de se battre afin de représenter la jeunesse et la famille.

« Je vais venir aux séances du conseil municipal pour faire des recommandations. Je ne sais pas si je vais me représenter aux prochaines élections municipales, mais une chose est sûre, mon implication ne cessera pas », a mentionné cette dernière.

S’il y a justement une chose que Marijo Demers souhaite que l’on retienne de Saint-Hyacinthe unie, c’est que le parti a « travaillé très fort pour intéresser la jeunesse à la politique municipale » au cours de la dernière année. Elle estime d’ailleurs qu’un legs en découlera et qu’« il y aura sûrement des pépinières de candidatures à venir dans d’autres cycles électoraux ».

Avec la collaboration d’Eliane Tremblay-Moreau

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