28 octobre 2021
Urgence-Vie ferme ses portes
Par: Laurent Théoret

Quelques bénévoles d’Urgence-Vie en compagnie de Mgr Christian Rodembourg lors de sa visite dans le local de l’organisme maskoutain. Photo gracieuseté

Sr Suzanne Ostiguy a pris la relève de Sr Monique Bélisle à la tête d’Urgence-Vie à la retraite de cette dernière. Photo gracieuseté

C’est avec le cœur lourd que la présidente d’Urgence-Vie Saint-Hyacinthe, Lucie Fournier, annonce la fermeture définitive de l’organisme après 34 ans à supporter les jeunes mamans démunies.
Publicité
Activer le son

Les consignes sanitaires imposées lors de la pandémie ont eu un énorme impact sur sa survie. Ayant comme partenaires les Sœurs de la Présentation de Marie, il était beaucoup plus difficile d’accéder au local qui se trouvait chez elles. « La maison mère des Sœurs de la Présentation de Marie, c’est comme un CHSLD. Il était normal qu’elles ne veuillent pas que nous [les autres bénévoles] y entrions de peur de contaminer l’une d’entre elles », raconte Lucie Fournier. Se retrouvant sans local à bon prix pour tenir ses activités, l’organisme n’a d’autre alternative que de mettre la clé sous la porte.

De plus, l’organisme avait beaucoup de difficulté à trouver de la relève au niveau des bénévoles. Plusieurs sœurs de la Présentation de Marie se sont impliquées, mais elles avaient beaucoup plus de mal à répondre à la demande grandissante d’année en année.

La présidente de l’organisme tient à souligner le travail de plusieurs personnes au cours des dernières années. « Je veux remercier les bénéficiaires qui nous ont fait confiance depuis plus de 30 ans, les généreux donateurs qui ont permis à l’organisme de fonctionner et les Sœurs de la Présentation de Marie qui nous ont soutenus en fournissant un local et des ressources nécessaires, particulièrement Sr Monique Bélisle, Sr Suzanne Ostiguy et Sr Marcelle Boivin. »

L’œuvre d’une vie

Urgence-Vie Saint-Hyacinthe est un organisme à but non lucratif qui venait en aide aux mères démunies ayant des enfants de zéro à six ans. Pour satisfaire aux besoins des bénéficiaires, l’organisme recueillait des vêtements pour enfants, des jouets et de la literie en bon état. Depuis les 34 dernières années, l’organisme a ainsi pu rejoindre des milliers de jeunes mères. « Nous avons rendu un fier service à la population maskoutaine en aidant de nombreuses familles à boucler leurs fins de mois et quelques fois, nous avons aidé jusqu’à deux générations de la même famille », souligne Sr Suzanne Ostiguy.

Lors de sa création en 1987, c’est Sr Monique Bélisle qui a lancé le projet. Elle avait la volonté d’aider son prochain, surtout les gens les plus démunis. Aujourd’hui, Sr Bélisle est rendue centenaire et séjourne toujours chez les Sœurs de la Présentation de Marie. Il y a déjà quelque temps qu’elle a passé le flambeau à Sr Suzanne Ostiguy pour gérer l’organisme.

« Je suis très heureuse d’avoir collaboré pendant 10 ans avec cette équipe. Je suis loin derrière Sr Bélisle, qui a œuvré au début de ce service et cela pendant plus de 20 ans. Nous lui devons une fière chandelle », explique Sr Ostiguy.

Au tour des autres organismes

Depuis la création d’Urgence-Vie, plusieurs organismes bénévoles ont vu le jour à Saint-Hyacinthe, tels que la Maison de la Famille des Maskoutains, Les Trouvailles de l’Abbé Leclerc et Grand Galop. Ce sera à eux de prendre la relève pour venir en aide à la clientèle d’Urgence-Vie. C’est notamment le cas des Trouvailles de l’Abbé Leclerc, sous la gouverne du Centre de Bénévolat de Saint-Hyacinthe, qui a démontré un intérêt dès l’annonce de la fermeture. « Nous avons repris une bonne partie des réserves de l’organisme, pour garder le service et les articles disponibles aux familles ayant des enfants entre zéro et six ans », explique la directrice générale du Centre de Bénévolat, Marie-Élaine Morin.

Pour Sr Suzanne Ostiguy, le rapide intérêt des autres organismes à reprendre le flambeau lui fait chaud au cœur. « Nous avons fait des heureux pendant toutes ces années de service, et notre joie de donner au suivant s’est poursuivie pendant la libération de notre local en accueillant plusieurs organismes communautaires venus prendre des articles selon leurs besoins. Nos fonds ont aussi été partagés entre des organismes communautaires de la ville en lien avec les objectifs du service d’Urgence-Vie », raconte-t-elle.

image