30 mars 2017
Complot pour meurtre et viol à la PHD
Verdict de non-responsabilité criminelle pour le plus âgé des accusés
Par: Maxime Prévost Durand

L’adolescent de 16 ans restera à l’Institut Philippe-Pinel où il doit être suivi à la suite d’un diagnostic de schizophrénie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’adolescent de 16 ans restera à l’Institut Philippe-Pinel où il doit être suivi à la suite d’un diagnostic de schizophrénie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’adolescent de 16 ans coaccusé dans l’histoire de complot pour meurtre et viol de camarades de classe à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme a été reconnu non criminellement responsable, mardi, au Palais de justice de Saint-Hyacinthe.

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Le verdict de la juge Vivianne Primeau a été rendu à la suite d’une suggestion commune des avocats de la défense et de la couronne. Un rapport pour déterminer sa responsabilité criminelle avait d’abord été demandé par la défense, puis la couronne avait exigé une contre-expertise. Les deux psychiatres en ont tiré les mêmes conclusions : le jeune homme souffre de troubles mentaux graves, notamment de schizophrénie, qui lui font perdre contact avec la réalité par moment.

C’est précisément ce qui se serait produit alors qu’il discutait du complot avec son complice. Lors de ces séances d’échanges sur Facebook, son « bad side » aurait pris le contrôle et il ne se souviendrait plus de ces conversations.

« Devant l’ensemble du dossier, avec une preuve bien étoffée, on en vient à la conclusion que ce jeune homme a besoin de soins et qu’il n’était pas en mesure de discerner le bien du mal au moment où les délits ont été commis », a soutenu à sa sortie de la salle d’audience Me Véronique Champagne, procureure de la couronne.

Détenu en centre jeunesse depuis son arrestation en septembre, il avait été redirigé à l’Institut Philippe-Pinel à la fin décembre afin d’y entamer un traitement. Jamais auparavant il n’avait reçu de médication, puisque la maladie n’avait pas été diagnostiquée. Ses parents avaient lancé des démarches avant les événements de septembre afin que leur fils rencontre un psychiatre, mais son nom se trouvait toujours sur la liste d’attente.

L’avocat qui le représentait, Me Francis Savaria, a avoué que la fin du processus judiciaire s’avérait un soulagement pour l’adolescent et ses parents. « Maintenant il sait quels sont les problèmes et il va pouvoir être soigné et recevoir les traitements appropriés. »

La décision rendue n’équivaut pas à un acquittement a tenu à préciser la juge Primeau. La défense avait d’ailleurs admis les faits reprochés à l’adolescent de 16 ans, qui faisait face à 12 chefs d’accusation de complot pour meurtre, complot pour viol, voie de fait et voie de fait armé, harcèlement et possession d’une arme.

La Commission d’examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec procédera à l’évaluation du jeune homme dans un délai de 45 jours et déterminera s’il doit demeurer à l’Institut Philippe-Pinel ou s’il sera libéré, avec ou sans conditions. D’ici là, il lui est interdit de prendre contact avec l’autre adolescent impliqué dans le dossier. Il ne doit pas non plus tenter de communiquer avec les victimes et leur famille.

Pendant ce temps, le deuxième accusé, âgé de 14 ans, est toujours détenu en centre jeunesse. Les avocats et la juge doivent se rencontrer à huis clos le 6 avril dans le cadre d’une conférence de facilitation afin de faire avancer le dossier.

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