3 Décembre 2015
Victor Frankenstein : le retour du Prométhée moderne
Par: Sarah Daoust Braun

Photo 20th Century Fox

Photo 20th Century Fox

Palpitante, endiablée, spectaculaire :

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Dans le Londres du 19e siècle, Victor Frankenstein (James McAvoy), un ­étudiant en médecine, sauve un bossu (Daniel Radcliffe) d’un cirque où il a été exploité toute sa vie, étonné par sa ­compréhension de l’anatomie humaine. S’ensuit une série d’expérimentations scientifiques où les deux acolytes tenteront de redonner vie à ce qu’il y a de mort, en tâchant de ne pas se faire attraper par les policiers de Scotland Yard qui mènent leur enquête. Consécration ultime, ils réussiront à créer, non pas sans ­conséquence, le « monstre », oeuvre du Prométhée moderne et figure de si ­nombreuses adaptations.

À l’image de Chronicle (2012) et ­d’American Ultra (2015), les deux ­précédents films qu’il a scénarisés, Max Landis revient avec une idée forte ­(raconter l’histoire de Victor Frankenstein du point de vue de son assistant), mais qui s’enchevêtre dans des dialogues touffus et des actes dramatiques qui s’emboitent mal. L’action semble d’ailleurs vouloir être davantage mise de l’avant au détriment de la psychologie des personnages, plutôt brouillonne. La ­relation que Victor entretient avec son père, tout comme les raisons profondes qui le poussent à créer le monstre, sont peu approfondies.

Rabattons-nous alors sur les scènes de combat, courses folles et autres cascades survoltées qui pimentent le récit s’étirant en longueur à certains moments. La ­réalisation inspirée de Paul McGuigan (Push [2009], la série télé Sherlock), avec ses ralentis, contre-plongées et ­effets visuels, accroche et captive. C’est sans oublier la jolie direction artistique qui recrée avec justesse une métropole londonienne victorienne, gothique, voire même sherlockienne.

James McAvoy, choisi pour incarner Victor Frankenstein, ne décolle malheureusement pas du stéréotype de savant fou associé à son personnage. Une interprétation moins théâtrale aurait été plus intéressante. Son partenaire de jeu ­Daniel Radcliffe, plus posé, s’en tire mieux.

Dialogues, jeu, acrobaties et péripéties intenses, tout dans Victor Frankenstein semble être fait pour impressionner. Mais comme Icare, à force de vouloir aller toujours plus loin pour voir le soleil, on fond.

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