11 novembre 2021
Vincent Vallières, différemment
Par: Maxime Prévost Durand

C’est en montant seul sur scène que Vincent Vallières présentera les chansons de son plus récent disque, Toute beauté n’est pas perdue. Photo Le Petit Russe

Vincent Vallières a toujours été un gars d’équipe, de groupe. Pourtant, c’est en solo qu’il a décidé de défendre son plus récent disque, Toute beauté n’est pas perdue, fraîchement primé comme album folk de l’année par l’ADISQ.
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L’auteur-compositeur-interprète s’arrêtera au Centre des arts Juliette-Lassonde le samedi 20 novembre armé seulement de ses guitares acoustiques, d’une guitare électrique et d’un piano – instrument qu’il dit avoir appris à jouer durant la pandémie.

Bien qu’elle convienne particulièrement bien au contexte culturel actuel, cette formule intimiste avait été réfléchie avant même la pandémie et la création de son huitième album. Dans toute la simplicité qu’il évoque, ce spectacle est « le show le plus travaillé » que Vincent Vallières ait présenté en carrière, estime-t-il. Que ce soit dans l’éclairage ou la mise en scène, tout a été réfléchi pour que l’ambiance désirée en ressorte.

Ses chansons sont proposées dans des versions dépouillées et l’interprète de « On va s’aimer encore » crée une véritable communion avec le public en partageant les histoires qui se cachent derrière plusieurs d’entre elles. Certaines pièces ont même été choisies spécialement parce qu’elles rejoignent l’esprit du spectacle et d’autres, qu’il a pourtant l’habitude de jouer, ont été laissées de côté pour les raisons inverses.

« Une chanson comme “Tom” [parue sur l’album Chacun dans son espace (2003)] n’aurait pas été mise dans le répertoire du spectacle si je ne racontais pas son histoire, mais l’histoire ramène la chanson dans le “là, maintenant” », soutient-il en entrevue téléphonique avec LE COURRIER.

Même les chansons de Toute beauté n’est pas perdue résonnent différemment, bien que l’artiste les ait créées en sachant qu’il allait d’abord les présenter dans un spectacle solo. « Le travail [en studio] a été de pousser chaque chanson au maximum sur le disque. En les faisant en version guitare-voix pour le spectacle, ça devient autre chose, mais ça ne perd pas de sa nature. J’aime vraiment ça », poursuit-il, en donnant l’exemple du morceau « Elle n’entend plus son cœur battre » qui « prend une amplitude plus grande ».

« C’est là qu’on voit la valeur de certaines chansons, ajoute-t-il. Il y en a qui ont été écartées parce qu’elles prennent de la valeur en band [et qu’elles se prêtent moins à cette formule]. »

Avec cette approche, il remarque par ailleurs que les chansons cinématographiques résonnent d’autant plus auprès du public, même si les gens les connaissent parfois moins.

Apprivoiser la solitude

En plus de se retrouver seul sur scène, Vincent Vallières a poussé l’expérience jusqu’à voyager en solo de ville en ville pour cette tournée qui l’a mené dans tous les recoins du Québec, même s’il avoue ne pas être de nature solitaire.

« J’ai apprivoisé la solitude à travers ce show-là, confie-t-il. Quand j’étais ado, j’étais toujours dans des équipes de sport où on voyageait en autobus ensemble. Le band, c’était un peu le prolongement de ça, à voyager et à jaser ensemble pendant la tournée. Là, j’ai beaucoup de moments solitaires, mais j’apprécie les rencontres faites sur ma route, ça amène une plus grande ouverture [face aux gens qui croisent mon chemin]. »

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