21 mars 2019
Changements climatiques
Y a-t-il urgence ou pas : telle est la question
Par: Rémi Léonard
En date de lundi, la déclaration d’urgence climatique revendiquait l’appui de 317 municipalités québécoises, mais pas celui de Saint-Hyacinthe, qui a récemment choisi de ne pas l’endosser. Photo François Larivière | Le Courrier ©

En date de lundi, la déclaration d’urgence climatique revendiquait l’appui de 317 municipalités québécoises, mais pas celui de Saint-Hyacinthe, qui a récemment choisi de ne pas l’endosser. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après réflexion, les élus maskoutains ont tranché : ils ne signeront pas la déclaration d’urgence climatique, comme l’aurait voulu Jacques Tétreault, du Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain.

Il avait invité la Ville à rejoindre les signataires de ce document le mois précédent. C’est le maire Claude Corbeil qui a annoncé début mars le choix des élus, arguant qu’il était « préférable de cibler les actions à prioriser plutôt que de signer diverses déclarations ». Ce travail de « réflexion globale » vient d’ailleurs d’être amorcé par la municipalité à travers l’élaboration du futur plan de développement durable, a-t-il fait valoir, promettant que la démarche se traduira en « actions directes pour réduire l’empreinte carbone » de la Ville. Le libellé du document « nous semble un peu trop pessimiste », a-t-il par ailleurs commenté.

La déclaration fait état d’un dérèglement « sans précédent » du climat mondial qui peut mener « à court terme vers un bouleversement climatique abrupt et irréversible », alors que les actions des décideurs politiques se révèlent « inadaptées » jusqu’à maintenant. Le texte appelle donc à la reconnaissance « sans délai » de l’état d’urgence climatique et à l’application immédiate de « toutes les solutions connues » afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Devant la décision des élus maskoutains, M. Tétreault s’est dit « sous le choc », ne comprenant pas qu’on refuse de reconnaître l’urgence de la situation. « On continue à faire du développement comme s’il n’y avait rien qui se passait à l’extérieur de nos murs. […] Quand on nous parle de toits blancs ou de 35 % d’espaces verts dans un nouveau développement, c’est un diachylon sur une plaie béante », a-t-il évoqué en parlant des normes d’urbanisme exigées dans le nouveau secteur centre-ville riverain.

Prenant en exemple la grève étudiante pour le climat, qui devait alors se produire dans quelques jours, Jacques Tétreault a aussi souligné les attentes environnementales croissantes de la jeunesse envers leurs dirigeants actuels. « Je suis très déçu. Ne soyez pas surpris si, au prochain conseil, vous allez avoir l’endroit rempli de jeunes », a-t-il averti.

Quelques minutes plus tard, le conseiller David Bousquet, qui siège aussi au comité consultatif en environnement, a tenu à prendre de son temps de parole pour défendre la position du conseil, par ailleurs unanime, a indiqué le maire. « Ici, au conseil, on gère des urgences chaque semaine. Des urgences en matière de déneigement, de qualité de l’eau, de gestion des déchets… », a énuméré M. Bousquet afin d’expliquer la décision de ne pas signer la déclaration.

Le conseiller a lui aussi avancé que le plan de développement durable est présentement le meilleur « outil » à développer pour permettre à la municipalité d’agir en matière d’environnement. Il a par ailleurs invité les citoyens préoccupés par ces questions à participer aux consultations publiques prévues dans le cadre de l’élaboration du plan. « C’est vrai que les changements climatiques, malheureusement, c’est quelque chose qu’on n’a pas vu souvent dans le discours politique à la Ville de Saint-Hyacinthe », a-t-il concédé, tout en plaidant qu’ils seront « assurément mis de l’avant » à la suite de l’adoption du plan de développement durable.

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